Une Vision Stratégique 2040 pour l’aéroport de Bruxelles

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Le gestionnaire de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem a dévoilé hier sa Vision Stratégique à l’horizon 2040, en l’épaulant d’un plan de développement à long terme « pour l’aéroport mais aussi pour la Belgique ». 60.000 emplois pourraient être créés, autour de la plateforme.

Le CEO de Brussels Airport Arnaud Feist a détaillé hier les différents axes de développement de l’aéroport de la capitale belges, « alors que les aéroports sont devenus les principaux moteurs de croissance des économies du 21ème siècle ». Cette vision stratégique a pour objectif de permettre au pays de « saisir les immenses opportunités qui se présenteront à lui dans les décennies à venir et de doubler le nombre d’emplois liés à l’aéroport à 120.000 d’ici 2040 ». L’évolution de Brussels Airport se traduira notamment par plus de destinations pour les voyageurs, et plus de possibilités d’import et d’export pour les entreprises, permettant ainsi à la Belgique de « continuer à jouer un rôle international de premier plan, que ce soit sur le plan économique, diplomatique ou culturel ». Cette vision d’avenir vise « aussi et surtout » à concilier le développement économique de Brussels Airport avec le respect de l’environnement et des riverains de l’aéroport, « en créant un dialogue ouvert et structuré avec tous les acteurs concernés » par le développement de l’aéroport : une « approche équilibrée » qui constitue le fondement même de la Vision Stratégique 2040. D’ici 2020, les infrastructures existantes seront optimisée, le gros des travaux devant débuter en 2025.

Investir dans les pistes

D’après ses propres prévisions, le nombre de passagers et le volume du fret à Zaventem vont doubler, avec cependant moins de mouvements d’avion qu’en 2000 grâce à des appareils plus grands, qui seront aussi plus silencieux. En même temps, le taux d’occupation augmentera. L’utilisation actuelle des pistes de décollages et d’atterrissages ne suffit pas pour répondre à la future demande croissante des passagers et compagnies aériennes pendant les heures de pointe. La capacité de pointe à l’aéroport, quelles que soient les conditions météorologiques, doit en 2020 être de 80 mouvements d’avion par heure, et de 93 mouvements d’avion par heure en 2040, pour pouvoir répondre à la demande du marché (contre 74 mouvements par heure actuellement). L’aéroport compte augmenter cette capacité en deux étapes : optimiser l’utilisation actuelle des pistes d’abord en modernisant les procédures et utilisant de nouvelles technologies, ce qui devrait suffire à l’horizon 2020, puis adapter l’infrastructure des pistes actuelles avec deux options (une simple prolongation de la voie d’accès à la piste 07R/25L, et une prolongation d’environ 900 mètres de la piste 07R/25L et de la voie de circulation).

air-journal_bruxelles-aeroport-vision-2040dAgrandissement du terminal

Brussels Airport prévoit donc de faire évoluer son terminal pour mieux répondre aux besoins actuels et futurs de ses passagers. Dans les 25 années à venir, l’aéroport va investir dans deux jetées supplémentaires « afin que la majorité des voyageurs puissent gagner leur avion par une passerelle commode ». D’après les estimations actuelles du trafic, une première nouvelle jetée, le Pier A West, sera nécessaire à partir de 2023. Une deuxième, le Pier C, s’imposera aux environs de 2035. Brussels Airport veut aussi réaménager son terminal en fonction des « technologies et systèmes novateurs » tels que l’enregistrement en ligne généralisé ou la multiplication des kiosques d’enregistrement automatique des bagages, destinés à faciliter et à accélérer l’enregistrement. D’autres évolutions « susceptibles d’améliorer le vécu des passagers et les services qui leur sont proposés, mais aussi d’aider les passagers et les compagnies aériennes à gagner du temps », vont être implémentées.

Renforcement de Brucargo

Le centre logistique de la zone Brucargo sera renforcé « en tant que maillon dans la chaîne des exportations des produits belges ». Un nouveau bâtiment va être construit à l’entrée de Brucargo, qui centralisera toutes les activités non liées au fret, par exemple des entreprises de services, un parking et un supermarché. Les passagers pourront également y enregistrer leurs bagages avant de rejoindre le terminal à bord de la navette gratuite de l’aéroport, qu’emprunteront aussi les travailleurs. L’offre comprend par ailleurs une station-service que les passagers, les entreprises de fret et leurs collaborateurs ainsi que les riverains peuvent utiliser ; celle-ci doit proposer des carburants classiques mais aussi de nouvelles formes d’énergie comme le GNC ou GNL, l’électricité ou l’hydrogène.

air-journal_bruxelles-aeroport-vision-2040eRôle de carrefour intermodal

L’aéroport projette d’améliorer la connexion entre les différents modes de transport (train, tram et bus) et de les intégrer au terminal. Les passagers accéderont ainsi directement au hall des départs et les navetteurs pourront passer d’un moyen de transport public à un autre encore plus facilement qu’aujourd’hui. Dans le même temps, l’aéroport veut investir dans des parkings plus éloignés qui seront accessibles directement à partir de l’E19 et de l’E40, évitant ainsi que cette circulation arrive sur le ring bruxellois et l’engorge. Les passagers emprunteront ensuite une navette automatique qui les emmènera gratuitement jusqu’au terminal. Brussels Airport souhaite faire passer la proportion de passagers et de travailleurs qui viennent à l’aéroport en transport en commun, à vélo ou à pied à 50% en 2040, contre 30% aujourd’hui. Cette démarche contribuera à réduire la congestion sur les routes à l’échelle régionale. L’aéroport collabore avec les autorités et les sociétés de transport public pour concrétiser cet objectif.

D’ici 2040, Brussels Airport veut aménager un centre d’affaires moderne et prestigieux afin d’accueillir encore plus d’entreprises désireuses de s’établir à proximité de l’aéroport. Aujourd’hui, des sociétés comme Deloitte, KPMG ou Microsoft ont déjà fait le choix de s’installer à Brussels Airport, « attirées notamment par les avantages en termes de mobilité et de connectivité ». Dans les années à venir, cette tendance « ne fera que se renforcer, à l’instar d’autres aéroports dans le monde ».

Concertation

La Vision Stratégique 2040 de Brussels Airport « doit préparer l’aéroport et la Belgique à l’avenir », explique le communiqué : il est essentiel dans ce contexte de mettre en équilibre le potentiel économique et le développement social de l’aéroport avec son impact sur l’environnement. Pour ce faire, il affirmer avoir opté pour un dialogue ouvert et structuré qui implique riverains, communes, entreprises et experts sous le nom de « Forum 2040 » ; chacun peut se porter candidat ici. Ce groupe sera constitué de personnes et d’organisations sélectionnées en fonction de leur domicile et de leurs domaines de connaissance (économie, environnement, mobilité, emploi, etc.). La sélection des candidatures se fera par un jury indépendant composé de représentants des différents domaines de connaissance. La composition du groupe sera dévoilée dans le courant du mois de janvier 2017. Il s’agit d’une assemblée diversifiée qui se réunira à plusieurs reprises dans le courant de l’année 2017 pour discuter de la Vision Stratégique 2040 de Brussels Airport. L’objectif est d’examiner le plan de manière plus approfondie et de mieux connaître les différents points de vue de toutes les parties concernées. Un président externe modèrera les débats qui débuteront dans le courant de l’année 2017.  « Nous sommes convaincus qu’il est possible d’augmenter la capacité de l’aéroport pour répondre à la demande du marché et garantir ainsi la compétitivité et la connectivité de la Belgique, tout en tenant compte de l’impact de cette croissance sur les riverains et notre environnement. Le Forum 2040 que nous lançons est la plate-forme par excellence pour échanger des idées et trouver des solutions », déclare Arnaud Feist.

Grâce à ce plan de développement ambitieux, Brussels Airport veut renforcer son rôle de deuxième pôle de croissance économique de la Belgique et de ses trois régions. Le nombre d’emplois directs et indirects liés à l’aéroport pourrait ainsi passer de 60.000 aujourd’hui à 75.000 en 2020, 85.000 en 2025 et même 120.000 à l’horizon 2040.

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http://www.air-journal.fr/2016-11-18-une-vision-strategique-2040-pour-laeroport-de-bruxelles-5172779.html

Commentaire(s)

  1. Cela a déjà été tenté plusieurs fois, 6 ministres belges s’y sont collés et ont du démissionner.

    La gestion de cet aéroport est catastrophique, les avions au sol sont sous la responsabilité de la région flamande, l’état fédéral dès qu’ils sont en l’air. La Flandre et la région Bruxelles ne font que se renvoyer la balle depuis des années, Bruxelles met des amendes à tous les 747 et autres avions bruyants, obligeant les avions à prendre tout les avions pour éviter qu’ils ne survolent les quartiers chics francophones. Il suffit de voir les virages

    Ce projet n’aboutira jamais. Le spreidingplan de Zaventem a déjà été tenté mais les conservateurs/indépendentistes/nationalistes flamands n’accepteront jamais une telle extension de piste qui voudrait dévier le trafic de Bruxelles à la Flandre. Et comme l’aéroport dépend de la région flamande (même s’il s’apelle Brussels…), les choses n’évolueront jamais, et cet aéroport est probablement destiné à mourir, les amendes bruxelloises découragent de plus en plus les compagnies (exemple de DHL…).

  2. Nostalgic

    Ce qu’il faudrait d’abord, c’est une direction d’aéroport qui ne soit pas inféodée à une seule compagnie, à savoir Brussels Airlines – comme elle l’était jadis à Sabena. Le problème sera résolu lorsque Brussels Airlines aura diparu au profit d’Eurowings, ce qui, espérons-le, ne tardera plus. Il faudra alors mettre en place une nouvelle direction plus moderne et sans préjugés, qui ne craigne pas d’accorder leur juste place aux LCC, notamment en ouvrant un terminal low-cost – tous les aéroports modernes le font. Quant aux riverains de BRU, comme ceux de tous les aéroports du monde, ils ne sont pas contents – ils ne le seront jamais sauf à fermer définitivement l’aéroport. Qu’ils déménagent !

  3. Il ne s’agit pas ici d’un Xème plan de répartition mais bien d’un masterplan à long terme qui permettra à terme de répondre au problème de répartition des vols.

  4. Pourquoi pas installer une 3e piste et faire du PRM(parallel runway monitoring) comme chez les américains(SFO par exemple) ca marche du feu de dieu.

  5. Fried

    Alala toujours ces flamands

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