Le Groupe Lufthansa a enregistré en 2020 une perte nette de 6,72 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires en recul de 63%, conséquences de la pandémie de Covid-19. Sa flotte va se débarrasser de huit types avions durant les prochaines années, le retour des Airbus A380 en particulier n’étant « pas dans les plans ». Mais le groupe se dit prêt à offrir jusqu’à 70% des capacités d’avant-crise cet été.

Pas de bonne surprise dans les résultats financiers du groupe allemand, qui inclut les compagnies aériennes Lufthansa, Brussels Airlines, Swiss International Airlines, Austrian Airlines et Eurowings. Mais sa perte d’exploitation de 5,5 milliards d’euros est comparable à celle du groupe Air France-KLM plus petit (-5,7 milliards) et largement inférieure à celle d’IAG (British Airways, Iberia etc : -7,42 milliards). La demande « a chuté de façon spectaculaire » pour cause de pandémie de Covid-19 et des restrictions de voyage associées, rappelle le groupe Lufthansa dans son communiqué. Le chiffre d’affaires est tombé à 13,6 milliards d’euros en 2020 (année précédente: 36,4 milliards d’euros). « Malgré des réductions de coûts rapides et importantes », le groupe a dû déclarer un EBIT ajusté de moins 5,5 milliards d’euros (année précédente: bénéfice de 2,0 milliards). La marge EBIT ajustée était de -40,1% (année précédente: +5,6%). Au quatrième trimestre, le groupe perdait encore environ 300 millions d’euros par mois. Et la perte nette de 2020 est à comparer au bénéfice de 1,2 milliard d’euros enregistré l’année précédente.

Selon le groupe, les progrès de la restructuration ont « limité l’impact de l’intensification de la situation pandémique sur les revenus », les coûts de personnel ont été considérablement réduits « grâce aux réductions d’effectifs, aux accords de crise avec les partenaires sociaux et au chômage partiel ». À la fin de l’année 2020, le groupe Lufthansa employait 110.065 personnes, soit environ 20% de moins que l’année précédente ; il compte « garantir l’emploi d’environ 100.000 employés sur le long terme ». Les prochaines suppressions de postes doivent essentiellement toucher l’Allemagne.

Carsten Spohr, CEO de Deutsche Lufthansa AG, déclarait hier : « l’année écoulée a été la plus difficile de l’histoire de notre entreprise – pour nos clients, nos employés et nos actionnaires. Les restrictions de voyage et la quarantaine ont conduit à une baisse unique de la demande de voyages en avion. Désormais reconnus internationalement, les certificats numériques de vaccination et de test doivent remplacer les interdictions de voyager et la mise en quarantaine, afin que les gens puissent à nouveau rendre visite à leur famille et à leurs amis, rencontrer des partenaires commerciaux ou en apprendre davantage sur d’autres pays et cultures ».

Pour 2021, le groupe prévoit toujours un résultat opérationnel négatif, mais moins ample. Le directeur financier Remco Steenbergen assure que Lufthansa dispose de « liquidités suffisantes pour résister à un environnement de marché qui reste difficile », et que la gestion des crises et des coûts a pris effet « beaucoup plus rapidement que prévu initialement ». La prochaine étape consiste à « renforcer notre bilan et à réduire notre dette. Ce faisant, nous réduirons nos coûts grâce à une restructuration réussie » En plus de rembourser les fonds de stabilisation du gouvernement, l’objectif de la stratégie financière est que les marchés « réévaluent notre solvabilité à une qualité d’investissement à moyen terme ».

Groupe Lufthansa : perte record, plus de vols et moins de gros-porteurs 1 Air Journal

©Lufthansa Group

Réseau :

Après avoir accueilli 2021 sera une année « de redimensionnement et de modernisation » pour le Groupe Lufthansa : « nous sommes prêts à offrir à nouveau jusqu’à 70% de notre capacité d’avant la crise à court terme à mesure que la demande augmente », a annoncé Carsten Spohr, même si pour l’ensemble de l’année le Groupe s’attend à ce que les capacités proposées atteignent « 40 à 50% des niveaux de 2019 ». Le retour à la normale n’est pas attendu avant le milieu de la décennie.

Un « produit commun » avec Deutsche Bahn est d’autre part en projet afin de réduite l’empreinte environnementale du groupe, a-t-il ajouté, peut-être pour remplacer les trajets cours par des trains – à l’instar de ce que pratique Air France avec les TGV. Et une nouvelle classe Affaires sera dévoilée fin 2022, sans que l’on sache avant plusieurs mois dans quels avions elle sera déployée (a priori les Boeing 787-9 et 777-9 commandés).

Flotte :

Le groupe Lufthansa prévoit pour 2023 une flotte globale réduite à 650 avions, contre plus de 800 avant la crise sanitaire et 757 fin 2020, avec un accent toujours mis « sur la durabilité » : le principe serait que tous les avions âgés de plus de 25 ans seront définitivement retirés du service. Mais pas seulement, puisque durant les prochaines années huit types d’avions « intercontinentaux » disparaitraient : les Airbus A330-200, A330-300, A340-600 et A380, ainsi que les Boeing 747-400, 767-300 et 777-200ER et les McDonnell Douglas MD11 cargo. La flotte MC perdrait en outre 40 A320 (235 sont en service, avec environ 90 A320neo et A321neo en attente de livraison).

Au total, 115 avions sont déjà programmés pour la retraite ou cloués au sol temporairement, dont les 14 A380 de Lufthansa (8 en stockage de longue durée) : mais le CEO déclarait hier qu’il « ne voit aucun avenir à l’A380 dans notre flotte » ; au contraire, « nous avons un besoin urgent de petits avions pour le long-courrier »…

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