Les syndicats de pilotes de la compagnie aérienne SAS Scandinavian Airlines ont mis fin aux négociations moins de deux jours après leur début, mettant selon la direction « en jeu toute l’entreprise ».

Le mois dernier, la compagnie scandinave avait commencé à « distribuer » ses lignes non rentables aux deux nouvelles filiales, SAS Connect et SAS Link, dévoilées en décembre dans le cadre de son plan de restructuration. Au grand dam des syndicats de pilotes en Suède, en Norvège et au Danemark, qui l’accusent de vouloir se débarrasser du personnel existant « au profit d’une main-d’œuvre moins chère et aux conditions de travail moins bonnes ». Et ont donc quitté mardi la table des négociations sur la nouvelle convention collective, l’actuelle arrivant à échéance demain. Une menace de grève a même été évoquée.

Dans un communiqué du 29 mars 2022, la compagnie de Star Alliance a rappelé que les deux dernières années « ont été les plus difficiles de l’histoire de l’industrie aéronautique alors que l’avenir reste imprévisible. Pour répondre à cette nouvelle réalité, SAS a présenté un plan à long terme “SAS FORWARD” avec 7,5 milliards de SEK (804 millions de dollars) d’économies de coûts pour garantir sa compétitivité. Le succès de SAS FORWARD repose sur la participation de toutes les parties prenantes, y compris tous les groupes d’employés. Par conséquent, il est inquiétant que les syndicats de pilotes, après la deuxième journée de négociations, aient choisi de quitter la salle de négociation. Ce faisant, ils menacent toute l’entreprise, y compris les emplois et les carrières de milliers de collègues ».

SAS Scandinavian dit être « dans une situation plus grave que jamais, mais nous devons à nos prêteurs, propriétaires, employés, et surtout à nos clients – ainsi qu’aux contribuables danois et suédois – d’assurer une place à SAS sur le futur marché. Nous ne pouvons le faire qu’en allant de l’avant avec un plan qui assure un futur compétitif à SAS. Nous avons un parcours difficile devant nous, mais nous croyons fermement que le plan SAS FORWARD est la bonne voie à suivre pour nous donner une plate-forme financière solide qui assurera une SAS solide, compétitive et durable pendant de nombreuses années à venir ».

Rappelons que la compagnie aérienne compare ouvertement ses deux nouvelles filiales à KLM Cityhopper et à la low cost Iberia Express, et vise avec elles des passagers loisirs plus nombreux qu’avant la pandémie de Covid-19 – notamment face à la résurgence de la low cost Norwegian ou l’arrivée de la nouvelle Flyr. Ces filiales ne seront pas « visibles » par les passagers, mais une simple réorganisation interne. « Quand les clients changent, il faut changer avec eux », a déclaré le CEO Anko van der Werff ; « vous ne pouvez pas vous attendre à ce que tout revienne à la situation de 2019, 2018 ou 2017. Ces années ne reviendront pas. C’est assez clair pour moi ».

Selon le quotidien Dagens Nyheter, 13 routes non  rentables leurs seront attribuées à l’aéroport de Copenhague-Kastrup où elles vont être basées, et 14 autres au départ de Stockholm-Arlanda (où aucune base n’a été officialisée pour elles). SAS Link en particulier va ouvrir une base à Bergen en Norvège d’ici l’été, avec des Embraer 195.

SAS Scandinavian Airlines : rien ne va plus avec les pilotes 1 Air Journal

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