Le régulateur aérien russe Rosaviatsia a homologué une version modernisée du Tupolev Tu‑214 équipée exclusivement de systèmes et composants produits localement. Cette certification marque une étape clé dans la stratégie de « substitution aux importations » imposée par les sanctions occidentales depuis 2022, et ouvre la voie à la production en série de l’appareil destiné aux compagnies aériennes russes.
Le 27 décembre 2025, l’avionneur public United Aircraft Corporation (UAC) a annoncé l’obtention du certificat de modification majeure du Tu‑214 par l’Agence fédérale du transport aérien (Rosaviatsia). L’appareil intègre désormais un ensemble complet d’avioniques et de systèmes de bord développés en Russie, destinés à remplacer les équipements autrefois fournis par des constructeurs occidentaux. Selon UAC, cette approbation ouvre la voie à la production en série : huit exemplaires seront assemblés en 2026, douze en 2027, puis environ vingt par an à compter de 2028. La chaîne d’assemblage du Tu‑214, située à Kazan, doit cependant encore renforcer ses effectifs d’ingénieurs et de techniciens, un défi déjà rencontré en 2025 lorsque seuls quatre appareils ont pu être complétés.
Remplacement de 17 systèmes d’origine étrangère
D’après l’agence Interfax, pas moins de 17 systèmes conçus à l’étranger ont été remplacés, parmi lesquels le radar météorologique et le système d’alerte anticollision (TCAS) auparavant fournis par Honeywell. « Nos ingénieurs ont conçu une suite avionique de nouvelle génération. Nous avons également mis au point les premiers systèmes nationaux de prévention de collision en vol et d’alerte de proximité du sol. Une seule entreprise détenait jusqu’ici ce monopole mondial, que nous avons désormais surmonté », a déclaré Anton Alikhanov, ministre russe de l’Industrie et du Commerce. Alikhanov a ajouté que ces équipements certifiés pourront désormais être intégrés à d’autres avions civils russes, renforçant ainsi l’autonomie technologique du secteur aéronautique. « Le nouveau Tu‑214 constitue une étape supplémentaire vers la souveraineté technologique dans l’aviation civile », a‑t‑il conclu.
Un programme relancé par les sanctions
Apparu en 1996, le Tu‑214 est une évolution du Tu‑204, un biréacteur moyen-courrier conçu à l’origine dans les années 1980. Longtemps produit en petites quantités, l’avion a vu son programme relancé en 2022 dans le cadre de la réorganisation industrielle imposée par les sanctions occidentales. L’arrêt quasi total des livraisons d’avions et de pièces détachées Boeing et Airbus a incité Moscou à relancer la production de modèles nationaux, dont le SSJ‑100 renommé SJ-100 dans sa version entièrement russe, le MC‑21 de Yakovlev et désormais ce Tu‑214 modernisé. Les livraisons du Superjet 100 de fabrication entièrement russe ont déjà été annoncées pour se réaliser en 2026. Le MC-21-310 est quant à lui équipé d’Aviadvigatel PD-14 de fabrication 100 % russe qui lui permet de contourner les sanctions occidentales (notamment pour le moteur PW1400G de Pratt & Whitney).
L’appareil de test du Tu‑214 dans sa version « substitution aux importations » a effectué son premier vol en novembre 2024, suivi d’une campagne d’essais supplémentaires début 2025. Ces nouvelles certifications confirment que la Russie dispose désormais de solutions locales pour des fonctions critiques de navigation, de communication et de sécurité de vol – un domaine où la dépendance aux fournisseurs occidentaux restait jusqu’alors totale.

Pas si Cool a commenté :
31 décembre 2025 - 16 h 14 min
Un mélange de B757 et de A320.. Pourquoi pas !!
Ce sera pour un marché domestique, comme le Comac 919, ils resteront dans un premier temps, réservés aux compagnies locales.
La moral dans cette histoire, les sanctions ont poussé les industriels russes à développer leur propres technologies. Lorsqu’elles seront mures, que va-t-il se passer avec les marchés émergents comme l’Inde ou le Vietnam par exemple…
Il sera très important que les 2 majors conservent une avance technologique, ce sera le seul chemin pour ne pas perdre des parts.
pas le choix a commenté :
1 janvier 2026 - 12 h 21 min
Cet avion n’est pas une réussite mais un pis-aller pour contourner les sanctions avec de la technologie ancienne et possiblement peu fiable comme souvent en Russie .
De plus ce TU-214 ne devrait pas pouvoir être produit en grande quantité car l’industrie russe n’a jamais démontré qu’elle en était capable car elle a toujours privilégié l’industrie militaire au dépend du civil , et l’exportation ne devrait se faire qu’à destination de pays qui n’ont pas légalement accès aux avions occidentaux : Iran , Cuba , Corée du Nord….mais ni l’Inde ni le Vietnam qui ont des niveaux d’exigence plus élevés ne devraient en acheter.
Anna Stazzi a commenté :
1 janvier 2026 - 15 h 10 min
+1
@pas si cool
L’Inde commanderait des Comac🙄😂
J’attends avec gourmandise de voir les Tata en commander 200 et la tête des pax Indiens embarquer dans ces carioles que sont le TU214 et le Comac.
On peut méconnaitre un pays, sa population, mais pas les prendre pour des sots.
MOUCHLACK a commenté :
31 décembre 2025 - 21 h 38 min
Quel modernisme!
A coté le Boeing 757 semble du dernier cri!!!
bergeron a commenté :
1 janvier 2026 - 4 h 34 min
Pareil avec leurs vieux Soyouz de l’époque soviétique qui vont sans problème vers la station orbitale internationale, alors que les zéropéens coalisés et volontaires paient E. Musk ou D. Trump pour poser leurs fesses sur un strapontin.
CecildeMille a commenté :
1 janvier 2026 - 11 h 54 min
“Les mettre à genoux” qu’y disait l’autre. Quel échec !
Ah Bon ? a commenté :
1 janvier 2026 - 13 h 46 min
C’est pas avec de la com à 2 roubles que les ruskof vont nous faire croire qu’ils vont pouvoir fabriquer, vendre et faire voler des appareils en carton conçus il y a 30 ans avec une sécurité aérienne catastrophique.
Airbus et Boeing sont tranquilles de ce côté là, bien plus prudents sur le côté chinois
Mamadou DIALLO a commenté :
2 janvier 2026 - 12 h 22 min
L’économie russe est en déconfiture, c’est un fait.
Cet avion est une pantalonnade, comme la propagande poutinienne dont vous vous faites le relais. Au mieux, quand il sera opérationnel, ce sera en petite quantité, et uniquement pour le marché intérieur russe. Aucune compagnie internationale soucieuse de la sécurité des passagers et des équipages ne se risquera à acheter ce coucou.
Je parie que même les mollahs iraniens sous embargo n’en voudront pas, et préfèreront acheter des Comac aux Chinois, si toutefois ces scélérats sont encore au pouvoir lorsque le bidule sera produit en série, s’il l’est un jour.
Sardouk a commenté :
2 janvier 2026 - 18 h 24 min
Ton pays ne fabrique même pas un vélo et tu critiques l’avion russe qui fabrique des sukhoi et les bombe atomique.incroyable!!
Clément a commenté :
1 janvier 2026 - 13 h 53 min
Un avion qui restera sur le marché intérieur russe.
Très peu efficient, un gros retard technique, incapable de le produire en masse, aucune compagnie ayant la possibilité d’acheter du Boeing ou du Airbus ne se tournera vers cet appareil !
Jerry a commenté :
1 janvier 2026 - 14 h 43 min
Au vu des commentaires beaucoup de dénigrement de la technologie russe, comme les généraux de plateau avec leurs puces de machines à laver .. et les moutjiks avinés et analphabètes! Pourtant ce sont les fusées russes qui alimentent la station spatiale, ce sont les russes qui ont lancé le 1er satélite spoutnik, qui ont atteri en 1er un robot sur la lune, qui ont mis au point le 1er reacteur au graphite et thorium, etc, etc … quelle arrogance occidentale !
dénigrement a commenté :
1 janvier 2026 - 23 h 38 min
oui on peut dénigrer un état qui a toujours privilégié le militaire au civil, qui met et a toujours mis tous ses moyens dans l’aviation militaire et l’armement en général au dépend du civil et de la population et de ce fait qui n’a jamais rien prouvé dans le domaine de l’aviation civile.
Ah Bon ? a commenté :
2 janvier 2026 - 19 h 21 min
Traiter les autres d'”analphabètes” et écrire “satélite”, il fallait oser.
Quant au reste: oublier que Antarès ou Falcon 9 ravitaillent aussi l’ISS, et se référer à des technologies qui ont plus d’un demi-siècle, on a fait mieux comme plaidoirie…
Blitz a commenté :
1 janvier 2026 - 16 h 44 min
Peu importe que cela soit un avion dépassé au niveau design ou des matériaux de construction, etc… Les russkofs n’ont pas trop le choix avec toutes les sanctions qui leur sont tombées sur le coin de la gueule depuis leur invasion de l’Ukraine en 2022. Du coup, cet avion dont les compagnies russes ne voulaient pas pour différentes raisons, retrouve, une fois rétrofité, une seconde chance. C’est le cas de l’industrie aéronautique civile russe avec des projets comme le SJ-100 de Sukhoi ou le MC-21 de Yakovlev. Si ces deux projets modernes encore en développement, n’égalent pas les performances de leurs homologues occidentaux, ils sont la chance, grâce aux sanctions occidentales, d’un renouveau industriel. Le Tu-214, quant à lui, n’ést qu’un bouche-trou provisoire, destiné à parer au plus pressé : avoir des avions de transports civils.
Greg6 a commenté :
2 janvier 2026 - 14 h 06 min
Je ne comprends pas trop cette phrase :
“ils sont la chance, grâce aux sanctions occidentales, d’un renouveau industriel”
Avant les sanctions, ces appareils avaient un avenir industriel devant eux grâce aux équipements occidentaux, notamment les moteurs. Ils pouvaient espérer quelques petites percées à l’export, en plus d’une mainmise sur l’intérieur. Surtout pour le mc-21 qui apparaissait bien conçu et performant (le ssj-100 nécessitant selon moi une version améliorée, largement à portée avec des moteurs p&w).
Aujourd’hui le seul avenir c’est une production au compte goutte uniquement pour le marché intérieur (Et certains marchés sous sanctions donc, s’ils ont le temps d’attendre).
Blitz a commenté :
3 janvier 2026 - 16 h 01 min
Vu que les sanctions ne vont pas s’arrêter de sitôt, les russes n’ont plus le choix. Produire eux-même ce qu’il leur faut même si c’est pas aussi bon qu’avec des pièces occidentales et au compte goutte comme tu l’écris, pour commencer. S’ils ne tentent rien, ils verront leur flottes d’Airbus et de Boeing dépérir à petit feu. Sans les sanctions occidentales, cela serait vite plié et les constructeurs russes, même avec des pièces importées, se feraient manger par les européens ou américains (avions plus performants donc plus rentables et surtout livrés en temps que les constructeurs russes ne peuvent égaler). Si la volonté existe au niveau politique, ils peuvent reconstruire un secteur aéronautique civil puissant Les européens achetaient bien chez Boeing avant de développer Airbus, non?