Air India a annoncé le 29 janvier, en marge du salon Wings India 2026 à Hyderabad, la conversion de 15 de ses Airbus A321neo en A321XLR, la version très long-courrier du best-seller monocouloir européen. Cette décision confirme la volonté de la compagnie indienne de s’appuyer sur des monocouloirs pour développer son réseau international de moyenne et longue portée, tout en optimisant coûts d’exploitation et confort cabine.
Cette conversion s’inscrit dans la gigantesque commande de 470 avions qu’Air India a passée en 2023 auprès d’Airbus et de Boeing, renforcée ensuite par des ajouts en 2024. Côté Airbus, la compagnie du groupe Tata a engagé 50 gros-porteurs A350 et 300 monocouloirs de la famille A320neo, un des plus importants contrats jamais signés par un transporteur indien.
Sur ces 300 monocouloirs, 210 exemplaires doivent être livrés en version A321neo et 90 en A320neo. Air India précise qu’elle recevra désormais 90 A320neo, 195 A321neo et 15 A321XLR, ces derniers venant remplacer une partie des A321neo initialement prévus. Les livraisons des 15 A321XLR sont attendues entre 2029 et 2030, ce qui situe ce renforcement de flotte sur un temps long, en cohérence avec la stratégie de transformation post‑privatisation engagée par le groupe Tata.
Un monocouloir pensé pour le long rayon d’action
L’Airbus A321XLR (Extra Long Range) constitue l’itération la plus aboutie de la famille A320neo, avec un rayon d’action annoncé jusqu’à 4 700 milles nautiques, soit environ 1 200 milles nautiques de plus que l’A321neo et 700 de plus que l’A321LR. Cette autonomie permet à un monocouloir de voler jusqu’à environ 10 à 11 heures, positionnant l’appareil sur le segment des liaisons long‑courrier, historiquement desservies par des gros-porteurs de plus petite capacité.
Airbus met en avant une réduction d’environ 30% de la consommation de carburant par siège par rapport à la précédente génération de monocouloirs, ainsi qu’une baisse des émissions de NOx et du bruit. L’avion reste certifié pour des opérations ETOPS, ce qui lui ouvre notamment des trajectoires transocéaniques ou au-dessus de régions peu équipées, à condition de respecter les contraintes de certification et de performance propres à chaque opérateur.
Air India veut densifier son réseau international
Pour Air India, l’A321XLR doit permettre d’exploiter des routes internationales là où un gros-porteur serait surdimensionné, en particulier depuis les grands hubs indiens comme Delhi, Mumbai, Bengaluru ou Hyderabad. Avec une telle portée, la compagnie peut envisager des liaisons sans escale vers le Golfe élargi, l’Afrique de l’Est, une grande partie de l’Europe, ainsi que l’Asie du Sud‑Est et du Nord‑Est, dans la limite des contraintes opérationnelles.
Dans un communiqué, Air India explique que la conversion de ces 15 appareils renforce « la flexibilité et l’efficacité de sa flotte monocouloir », en lui donnant les moyens d’ouvrir « de nouvelles routes internationales directes » et d’optimiser ses opérations sur le moyen‑courrier. L’enjeu est double : alimenter le hub international de la compagnie en Inde et capter une partie du trafic point‑à‑point qui transite aujourd’hui via des hubs concurrents au Moyen‑Orient ou en Asie.
Depuis sa reprise par le groupe Tata, Air India déroule une stratégie de modernisation rapide de sa flotte et de montée en gamme de son produit, avec pour objectif affiché de redevenir un acteur de premier plan sur le marché international. Outre les commandes passées à Airbus, la compagnie et sa filiale low cost Air India Express viennent de renforcer leurs engagements chez Boeing, avec 30 737 MAX commandés (20 737 MAX 8 et 10 737 MAX 10).
En optant pour l’A321XLR, Air India s’aligne sur une tendance de fond de l’industrie : l’utilisation de monocouloirs nouvelle génération pour des liaisons long‑courrier à moindre densité, comme le font ou prévoient de le faire des compagnies européennes, nord‑américaines ou moyen-orientales.

Aucun commentaire !