Le groupe franco-néerlandais envisage de commander prochainement les avions qui remplaceront ses Boeing 777-300ER vieillissants. Airbus et Boeing sont en lice avec leurs modèles A350-1000 et 777-9, sur fond de forte pression sur les chaînes de production.

Lors de la présentation des résultats, le directeur général Ben Smith a indiqué que le groupe «regardera probablement plus tôt que prévu » la question du remplacement de ses Boeing 777-300ER. Le groupe en exploite 59 : 43 chez Air France et 16 chez KLM. Ces appareils, introduits dans les années 2000, constituent toujours l’épine dorsale du réseau long-courrier, notamment sur les lignes à forte capacité comme Paris–Pointe-à-Pitre ou Amsterdam–Los Angeles. Smith a souligné que «le calendrier est un facteur clé », les carnets de commandes étant déjà saturés tant chez Airbus que chez Boeing. Le dirigeant souhaite ainsi sécuriser au plus vite des créneaux de production, dans un contexte où la concurrence s’intensifie pour obtenir des livraisons avant 2032.

A350-1000 contre 777-9 : un duel attendu

Deux modèles sont à l’étude : l’Airbus A350‑1000 et le Boeing 777‑9, ce dernier étant encore en cours de certification. L’A350‑1000, déjà en service chez plusieurs grandes compagnies comme British Airways et Qatar Airways, offrirait une continuité technique avec les A350‑900 déjà exploités par Air France. Boeing mise, de son côté, sur le 777‑9, version modernisée et allongée du Triple Sept promettant une consommation réduite de 10 % et une capacité pouvant dépasser 400 sièges.

Selon FlightGlobal, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation de flotte : Air France-KLM a déjà commandé 50 Airbus A350 destinés à remplacer les A330 et 777‑200ER. En août 2024, le groupe avait toutefois revu sa commande, réduisant le nombre d’A350‑1000 de 11 à 3 exemplaires au profit d’A350‑900 supplémentaires, jugés plus flexibles.

Simplification et rationalisation de la flotte

Air France poursuit également une rationalisation de sa flotte moyen-courrier avec le remplacement progressif de tous ses Airbus A320ceo par des A220. D’ici 2030, la compagnie prévoit d’exploiter 90 à 95 A220‑100 et A220‑300. Ces appareils affichent une consommation de carburant inférieure de 20 % et des coûts de maintenance réduits.

« Le renouvellement de la flotte est une priorité stratégique pour garantir l’efficacité opérationnelle et la réduction de l’empreinte carbone », a rappelé Ben Smith. Le dirigeant n’a toutefois pas commenté l’hypothèse d’une commande de la future version allongée A220‑500, actuellement à l’étude chez Airbus.

Une décision attendue courant 2026

Le choix du successeur du 777‑300ER pourrait être arrêté dans le courant de l’année 2026, selon plusieurs observateurs du secteur. Ce contrat, potentiellement l’un des plus importants de la décennie pour le groupe franco-néerlandais, engagerait Air France-KLM sur plusieurs dizaines d’années. Outre les performances techniques, les considérations industrielles et politiques pèseront dans la balance : Airbus, partenaire historique basé en Europe, face à Boeing, fournisseur majeur de KLM depuis près de cinquante ans. Une rivalité franco-américaine qui, cette fois encore, se jouera à des milliers de mètres d’altitude.

Air France-KLM a clôturé l’année 2025 sur un chiffre d’affaires de 33 milliards d’euros (environ 39 milliards de dollars), en hausse de 4,9 % sur un an, selon ses résultats financiers publiés le 19 février. Le bénéfice d’exploitation dépasse les 2 milliards d’euros, soit une amélioration de plus de 400 millions par rapport à 2024. Ces performances robustes offrent au groupe une marge de manœuvre stratégique pour poursuivre la modernisation de sa flotte.

Air France-KLM : Ben Smith anticipe la relève des 777-300ER « plus tôt que prévu », 777-9 et A350-1000 en concurrence 1 Air Journal

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