Dix ans après son entrée en service sous le nom de CSeries chez Bombardier, l’A220 a franchi un seuil symbolique : plus de 500 appareils livrés et un carnet de commandes qui atteint désormais 959 exemplaires, majoritairement pour la version A220‑300. Devenu un pilier de la stratégie monocouloir d’Airbus, ce biréacteur de 100 à 150 sièges s’impose peu à peu comme un standard sur les liaisons court et moyen-courrier.

Selon les derniers chiffres d’Airbus, le programme A220 a dépassé le seuil des 500 avions livrés à la fin du mois de mars 2026. Les données de suivi des commandes et livraisons font état de 501 appareils remis aux clients, toutes versions confondues. Dans le détail, le tableau de flotte indique 75 A220‑100 livrés et 426 A220‑300, soit un total de 501 avions en service commercial ou en exploitation chez des opérateurs privés. Cette progression marque une étape importante pour un programme qui visait, à son lancement, à bousculer le duopole des monocouloirs traditionnels. Airbus souligne que l’A220 a déjà transporté des passagers sur près de 2 000 routes dans le monde, preuve de sa diffusion rapide sur des marchés variés.

De Bombardier CSeries à Airbus A220

Avant de devenir l’A220, l’appareil était commercialisé par Bombardier sous l’appellation CSeries. Le constructeur canadien n’a livré que 37 avions – 29 CS300 et 8 CS100 – avant le transfert du programme à Airbus, acté en 2018 via la prise de contrôle majoritaire de la C Series Aircraft Limited Partnership.

Le passage sous bannière Airbus s’est accompagné d’un changement de nom : le CS100 est devenu A220‑100 et le CS300, A220‑300. L’objectif était clair : intégrer pleinement le type dans la gamme Airbus, aux côtés de la famille A320neo, et renforcer son attractivité commerciale.

Avant cette absorption, Bombardier avait réussi à engranger 402 commandes fermes pour la famille CSeries, démontrant l’intérêt du marché pour un appareil optimisé autour de la tranche des 100–150 sièges. C’est sur cette base qu’Airbus a pu relancer la dynamique commerciale, en s’appuyant sur son réseau mondial de ventes et de support.

Un carnet de 959 commandes, dominé par l’A220‑300

Les chiffres les plus récents d’Airbus indiquent que le programme A220 cumule désormais 959 commandes fermes, tout opérateurs confondus. Le carnet de commandes se rapproche ainsi de la barre symbolique des 1 000 appareils, horizon qui paraît désormais à portée de main compte tenu de la dynamique commerciale récente. La répartition entre variantes confirme l’attrait du modèle le plus capacitaire : 851 commandes concernent l’A220‑300, contre 108 pour l’A220‑100. Cette préférence des compagnies pour la version la plus longue reflète une tendance lourde du marché, qui privilégie les avions offrant davantage de sièges pour optimiser les coûts unitaires.

Dans cette famille, Delta Air Lines apparaît comme le plus grand client, avec un total de 145 A220 commandés, tous modèles confondus, ce qui en fait un acteur clé dans la montée en puissance du type en Amérique du Nord.

Un positionnement de niche… de moins en moins niche

L’A220 occupe une position intermédiaire entre les jets régionaux et les monocouloirs classiques de type A320 ou Boeing 737. La version A220‑100 cible le segment d’environ 100 à 130 sièges, en concurrence directe avec les Embraer E190‑E2 et E195‑E2, tandis que l’A220‑300 se situe plutôt autour de 130 à 160 sièges, en recouvrement partiel avec l’A319neo et les plus petites variantes du 737.

Avec plus de 55% de part de marché sur le segment des petits avions commerciaux, la famille A220 s’est imposée comme une référence pour les compagnies en quête d’appareils plus sobres que les monocouloirs historiques, tout en offrant un confort de cabine comparable à celui d’avions plus grands. Selon une communication récente d’Airbus sur les réseaux sociaux, l’A220 a déjà transporté plus de 220 millions de passagers sur près de 2 000 routes.