La jeune compagnie régionale sud‑coréenne SUM Air a signé une commande portant sur jusqu’à huit ATR 72‑600, dont quatre en commande ferme et quatre en droits d’achat, à l’occasion de la visite d’État d’Emmanuel Macron à Séoul le 3 avril 2026.
Les premières livraisons sont attendues à partir de 2028 et doivent accompagner le déploiement d’un réseau axé sur les liaisons domestiques régionales et les futures dessertes insulaires, dans un marché que le constructeur ATR juge porteur pour 25 à 30 appareils dans les prochaines années.
SUM Air sécurise jusqu’à huit ATR 72‑600
Air a officialisé le 3 avril 2026 une commande de quatre ATR 72‑600, assortie de droits d’achat pour quatre appareils supplémentaires, soit un total potentiel de huit turbopropulseurs. Le contrat a été signé à Séoul en marge d’un forum économique franco‑coréen, en présence du président français Emmanuel Macron, soulignant la dimension politico‑industrielle de l’annonce.
Les livraisons doivent débuter en 2028, ce qui permettra à la compagnie d’accompagner une montée en puissance progressive de son réseau au‑delà de ses lignes domestiques initiales. En parallèle, SUM Air exploite déjà un premier ATR 72‑600 pris en location auprès du lessor singapourien Avation, livré fin 2025 dans le cadre d’un contrat de leasing de douze ans. « Nous nous réjouissons d’ajouter SUM Air à notre portefeuille de clients et saluons leur décision de choisir l’ATR 72‑600 pour développer le transport aérien régional en Corée du Sud, en reliant villes et îles », déclarait alors Jeff Chatfield, président exécutif d’Avation, en soulignant le faible empreinte carbone de l’appareil.
La compagnie se positionne comme un acteur de « Regional Air Mobility » (RAM), avec l’ambition de desservir des liaisons de courte distance jusqu’ici délaissées par les compagnies traditionnelles ou low cost. Fondée en 2022 comme filiale de la société « Mobility as a Freedom » (MAAF), SUM Air a obtenu son certificat de transporteur aérien (AOC) auprès du ministère sud‑coréen des Terres, des Infrastructures et des Transports début mars 2026, avant de lancer des vols commerciaux sur la liaison Séoul‑Gimpo – Sacheon
Un lancement sur Gimpo–Sacheon et une montée en puissance progressive
Après quelques vols irréguliers à partir du 12 mars, SUM Air a inauguré fin mars un programme régulier de quatre allers‑retours quotidiens entre l’aéroport de Séoul‑Gimpo (GMP) et Sacheon, dans la province de Gyeongsang du Sud. La compagnie vise un positionnement prix inférieur d’au moins 10% à celui de l’unique opérateur existant sur cette route, Jin Air, avec l’objectif de rendre les déplacements d’affaires et de loisirs plus accessibles entre la région capitale et le sud du pays.
Des médias économiques coréens soulignent que SUM Air entend faire de cette liaison une « infrastructure essentielle » au service du développement du pôle aéronautique et spatial de Sacheon, où est notamment implantée l’industrie aéronautique nationale. À court terme, la flotte devait initialement compter au moins trois ATR 72‑600 d’ici l’entrée en service complète.
Cap sur les îles coréennes et les voisins japonais et chinois
Le nom même de la compagnie, « SUM », est la latinisation d’un mot coréen signifiant « île », reflet de l’ambition de desservir à terme plusieurs îles entourant la péninsule. SUM Air cite en particulier Ulleungdo, Heuksando et Baengnyeongdo parmi ses cibles prioritaires, des territoires aujourd’hui dépourvus d’aéroport opérationnel. Les autorités coréennes projettent cependant d’y construire des pistes d’environ 1 200 mètres, adaptées à l’exploitation de turbopropulseurs comme l’ATR 72‑600, capable d’opérer sur ce type de longueur selon les règles en vigueur en Corée.
Au‑delà du domestique, ATR évoque des perspectives de liaisons court‑courrier entre la Corée, le Japon et la Chine, le turbopropulseur permettant d’ouvrir des routes de niche à coûts d’exploitation réduits. Dans une prise de parole antérieure, le constructeur estimait déjà que ses appareils, offrant entre 50 et 78 sièges, constituent une alternative « plus sobre en carburant et moins émettrice de CO₂ » que des jets régionaux de capacité supérieure.
Une réglementation assouplie et un marché à structurer
L’essor de SUM Air s’inscrit dans un cadre réglementaire récemment assoupli par le gouvernement sud‑coréen pour encourager le développement du transport régional. En 2024, Séoul a relevé de 50 à 80 le nombre maximum de sièges autorisés dans le cadre de la licence d’exploitation pour « petits aéronefs », ouvrant la voie à l’utilisation de l’ATR 72‑600 de 72 sièges dans ce segment. SUM Air est la première compagnie à obtenir une licence dans ce cadre révisé, ce qui conforte son rôle de laboratoire pour la nouvelle politique de connectivité régionale.
ATR, qui s’est déjà exprimé en 2022 et 2023 sur le potentiel du marché coréen, vise une flotte en service de 25 à 30 ATR 72‑600 dans le pays à l’horizon de la prochaine décennie.


Aucun commentaire !