Après des mois de discussions difficiles, la compagnie néerlandaise KLM et les syndicats de pilotes sont parvenus à un accord de principe sur une nouvelle convention collective. Le texte prévoit une hausse salariale de 4,75% sur deux ans et un élargissement des avantages liés aux billets à tarif réduit, dans un contexte marqué par des tensions financières et opérationnelles.
Un compromis après un long bras de fer social
Le dialogue social aura été particulièrement tendu chez KLM. Depuis l’expiration de la précédente convention collective en mars 2025, les quelque 3 600 pilotes de la compagnie opéraient sans cadre contractuel actualisé. Les négociations se sont étirées sur plusieurs mois, ponctuées de menaces de grève.
La direction refusait initialement toute augmentation salariale, invoquant une rentabilité inférieure à celle de sa partenaire Air France au sein du groupe Air France-KLM, ainsi qu’une pression croissante sur les coûts. Parmi les facteurs avancés : la hausse des redevances à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol et l’envolée des prix du carburant, accentuée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Une hausse salariale encadrée et des avantages élargis
L’accord finalement trouvé prévoit une augmentation des salaires de 4,75% étalée sur deux ans. Il inclut également une extension du dispositif permettant aux pilotes d’acheter des billets à tarif préférentiel. Selon Ruud Stegers, président du syndicat de pilotes VNV, principal représentant de la profession aux Pays-Bas, cet avantage sera désormais accessible jusqu’à quatre ans après l’âge de départ à la retraite fixé à 58 ans. « Il s’agit d’un accord équilibré compte tenu de la situation de l’entreprise », a-t-il déclaré au quotidien économique néerlandais Financieele Dagblad.
La question sensible de l’équité interne
Au cœur des négociations : la question de l’équité entre catégories de personnel. Les pilotes ont fait valoir que les personnels au sol avaient déjà obtenu une revalorisation de 3,25% dans le cadre d’un accord distinct. Un argument d’autant plus sensible que, quelques mois plus tôt, les syndicats avaient utilisé un raisonnement inverse pour défendre les salariés au sol, rappelant que les pilotes avaient bénéficié de 29 millions d’euros de redistribution en janvier 2025. Ce jeu de balancier social a contribué à structurer les discussions et à pousser la direction vers un compromis.
KLM sous pression économique structurelle
Cet accord intervient dans un contexte plus large de fragilité relative pour KLM au sein du groupe Air France-KLM. La compagnie néerlandaise affiche une rentabilité inférieure à celle de sa sœur française, en partie en raison des contraintes opérationnelles à Schiphol, où les capacités sont plafonnées pour des raisons environnementales, de coûts d’exploitation plus élevés et d’un réseau long-courrier exposé à des zones géopolitiquement instables. Dans ce contexte, la direction cherche à contenir ses dépenses tout en évitant une dégradation du climat social, crucial pour la continuité des opérations.
Si les syndicats et la direction ont trouvé un terrain d’entente, l’accord n’est pas encore définitivement entériné. Il doit désormais être soumis au vote des membres des organisations représentatives, dont le puissant syndicat VNV. Le résultat de cette consultation déterminera l’entrée en vigueur effective de la nouvelle convention collective.

Aucun commentaire !