La Federal Aviation Administration (FAA) vient d’adopter une nouvelle directive de navigabilité (Airworthiness Directive, AD) visant spécifiquement certains Boeing 747‑8F cargo, à la suite de rapports faisant état de fissures dans des éléments structuraux du fuselage.
Onze appareils immatriculés aux États‑Unis sont concernés par des inspections détaillées de longerons et de pièces de liaison, à compter du 6 août, avec obligation de réparer tout dommage avant remise en service.
Une directive de navigabilité ciblée sur la structure du fuselage
Publié le 2 juillet et entrant en vigueur le 6 août, le nouvel AD de la FAA s’applique à « certains avions de la série Boeing 747‑8F » et est « motivé par des rapports de fissuration dans les longerons et les ferrures d’assemblage situés aux emplacements d’assemblage des longerons à de multiples stations de fuselage ». L’autorité américaine précise que l’objectif est de « traiter la condition dangereuse sur ces produits », c’est‑à‑dire d’éviter qu’une partie de la structure du fuselage ne soit plus capable de supporter les charges pour lesquelles elle a été certifiée.
Selon la documentation de la FAA, la directive ne vise pas l’ensemble de la famille 747‑8 mais une population bien définie d’appareils identifiée dans le bulletin de service de Boeing, Alert Requirements Bulletin 747‑53A2907, et plus précisément le « Group 3 » décrit dans le document. Onze avions enregistrés aux États‑Unis sont concernés, un nombre qui reflète le caractère ciblé de la mesure et non une remise en cause généralisée de la conception du 747‑8F. À ce stade, non : la FAA ne publie pas la liste des compagnies ou des numéros de série des 11 Boeing 747‑8F concernés.
Des inspections approfondies des longerons et des pièces d’assemblage
La directive exige une inspection de chaque bord libre de longeron au niveau des assemblages, afin de vérifier la présence de « radius fillers » à certains emplacements de rivets, complétée par une inspection pour détecter d’éventuelles fissures dans les longerons et les ferrures d’assemblage aux points de jonction concernés. Concrètement, les techniciens doivent d’abord confirmer si des pièces de remplissage de rayon sont installées à des emplacements précis, avant d’examiner la structure environnante pour identifier toute trace de fissuration.
Toute anomalie détectée doit être corrigée suivant une méthode approuvée par la FAA avant que l’appareil ne reprenne ses opérations commerciales. La directive incorpore les intervalles de conformité définis par Boeing dans son bulletin de service, ces délais variant en fonction de la configuration structurale et de l’utilisation de chaque avion, notamment en nombre de cycles de pressurisation et en profil d’exploitation cargo.
Un coût significatif mais maîtrisé pour les opérateurs
La FAA estime que les inspections initiales peuvent représenter jusqu’à 344 080 dollars par avion pour les exploitants américains, en fonction du nombre de zones à examiner et des temps de main‑d’œuvre associés. Ces montants s’ajoutent aux coûts potentiels de réparation, qui dépendent évidemment de l’étendue des fissures détectées et de la nécessité ou non de remplacer certaines pièces structurales. Pour la FAA, cette charge financière est jugée proportionnée à l’enjeu de sécurité : il s’agit d’éviter que « des fissures ne progressent au point de compromettre l’intégrité structurale de l’avion », une préoccupation déjà mise en avant dans d’autres directives visant des zones de fuselage sur des 747 d’anciennes générations.
Une flotte 747‑8F stratégique pour le fret mondial
Produite entre 2008 et la fin de la ligne 747 en 2023, la version 747‑8F est devenue l’un des piliers du fret long‑courrier, avec une entrée en service en octobre 2011 chez Cargolux. Les derniers exemplaires sortis de production ont été livrés à Atlas Air.
Selon les données du site Planespotters, les principaux opérateurs actuels du 747‑8F incluent UPS, avec une trentaine d’appareils, Atlas Air avec 17 exemplaires, Cargolux et Cathay Cargo avec 14 chacun, Nippon Cargo Airlines avec 8 et Silk Way West avec 5 avions.

Vincent a commenté :
8 juillet 2026 - 22 h 06 min
Est-ce que la FAA s’améliore pour éviter toute remise en question ?