Les agents de bord de WestJet ont déposé un préavis de grève de 72 heures, faisant planer la menace d’un arrêt de travail dès le 2 août à 00 h 01, en pleine haute saison touristique au Canada.

Au cœur du conflit : la rémunération des heures travaillées au sol, que le syndicat veut voir enfin compensées du point d’enregistrement jusqu’au pointage de fin de service.

WestJet menacée d’un arrêt de travail

La tension monte chez WestJet, deuxième transporteur aérien du Canada par l’offre domestique, avec environ 30% de parts de marché intérieur. Le syndicat CUPE, qui représente quelque 4 400 agents de bord de la compagnie basée à Calgary, a confirmé avoir signifié un préavis de grève, tandis que la compagnie a riposté par un préavis de lock-out (une fermeture temporaire des opérations décidée par la direction dans le cadre du conflit) et prévenu qu’elle prendrait « les mesures nécessaires » pour limiter l’impact sur ses opérations.

Selon les informations communiquées par WestJet aux passagers, les réservations effectuées entre le 30 juillet et le 4 août peuvent faire l’objet d’un changement unique sans frais, signe que le transporteur se prépare à d’éventuelles perturbations. La compagnie a toutefois insisté sur la poursuite active des négociations, laissant entendre qu’un accord de dernière minute restait possible.

Le cœur du conflit : le travail non payé

Le dossier porte sur un point devenu central dans l’industrie nord-américaine : la rémunération du temps de travail au sol. Le syndicat réclame que les agents de bord soient payés « du moment où ils enregistrent leur présence jusqu’à celui où ils terminent leur service », alors qu’actuellement la rémunération repose largement sur un système de crédit horaire lié au temps de vol et non à l’ensemble de la journée de travail.

CUPE soutient que cette architecture de rémunération laisse subsister jusqu’à 35 heures de travail non payé par mois pour certains membres, une situation que le syndicat juge d’autant plus difficile à accepter dans les grandes métropoles canadiennes où le coût de la vie pèse lourdement sur les jeunes salariés. Le transporteur, de son côté, défend un modèle présenté comme courant en Amérique du Nord et assure qu’il intègre déjà les tâches au sol, les retards et les obligations opérationnelles dans la structure de rémunération. « Nous avons été clairs dès le début : nous voulons parvenir à une entente équitable sans grève », a déclaré Alia Hussain, présidente de la section locale de CUPE représentant les agents de bord de WestJet.

Un précédent avec Air Canada

Ce bras de fer rappelle fortement le conflit ayant opposé Air Canada à son propre personnel navigant l’été dernier. Une grève de quatre jours avait alors paralysé le plus grand transporteur du pays et perturbé le voyage de quelque 500 000 passagers, montrant l’ampleur potentielle d’un tel mouvement en pleine période estivale.

Au-delà de WestJet, l’enjeu dépasse donc le seul cas d’un employeur : il traduit une contestation plus large de la manière dont les compagnies aériennes rémunèrent le personnel de cabine en Amérique du Nord, alors que le travail de sécurité, d’assistance aux passagers et de préparation opérationnelle ne se limite pas au temps de roulage ou de vol.

Le gouvernement fédéral canadien a déjà nommé un médiateur spécial pour faciliter les discussions, tout en rappelant que les deux parties « peuvent et doivent parvenir à une entente à la table des négociations ».

Grève en vue chez la canadienne WestJet : le conflit sur les heures non payées s’invite dans la haute saison 1 Air Journal

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