Le groupe Saudia a signé à Paris un protocole d’accord avec Saudi EXIM Bank et Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (Crédit Agricole CIB) afin de préparer le financement de futurs avions Airbus. Ce dispositif, encore non contraignant et sans montant annoncé, doit accompagner la montée en puissance de la flotte du groupe saoudien, dans le cadre de sa stratégie d’expansion internationale et de la Vision 2030 du royaume.

Saudia prépare le financement de nouveaux Airbus avec Crédit Agricole CIB

Saudia Group a conclu, le 25 août à Paris, un memorandum of understanding (MoU) avec la Saudi Export-Import Bank — Saudi EXIM — et Crédit Agricole CIB, la banque de financement et d’investissement du groupe français Crédit Agricole. L’accord vise à « explorer et arranger des solutions de financement » pour l’acquisition de nouveaux avions Airbus.  La signature s’est tenue en marge d’une table ronde franco-saoudienne sur l’investissement, organisée par le ministère saoudien de l’Investissement, lors de la visite en France du prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane. Elle s’inscrit dans une séquence plus large d’accords économiques franco-saoudiens couvrant notamment les infrastructures, les transports, l’intelligence artificielle et l’industrie.

Le protocole ne précise ni le nombre d’appareils concernés, ni les montants en jeu, ni les types d’Airbus qui pourraient être financés. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle commande, mais de la mise en place d’un cadre financier susceptible de soutenir des livraisons déjà prévues comme d’éventuelles acquisitions ultérieures.

Un montage à trois acteurs

Le schéma envisagé répartit les rôles entre les trois partenaires. Saudia Group poursuivra ses investissements destinés à développer et moderniser sa flotte ; Crédit Agricole CIB interviendra comme financeur et arrangeur, chargé de structurer et de réunir les financements selon le calendrier de livraison des appareils ; Saudi EXIM apportera une couverture d’assurance contre les risques de crédit, sous réserve des procédures et conditions définitives propres à chaque transaction.

Ibrahim Al-Omar, directeur général de Saudia Group, souligne que l’accord ouvre « des options de financement plus larges pour soutenir nos plans de croissance et d’expansion ». Il ajoute que l’investissement dans la flotte constitue un levier essentiel pour accroître les capacités, étendre le réseau et améliorer l’efficacité opérationnelle du groupe.  Pour Saad Al-Khalb, directeur général de Saudi EXIM, l’enjeu dépasse la seule assurance-crédit : « Notre objectif va au-delà de l’assurance contre le risque. Nous voulons utiliser l’assurance comme un outil pour mobiliser des capitaux internationaux vers les exportations saoudiennes. »

Une flotte en très forte croissance

Ce partenariat financier intervient alors que Saudia doit absorber un important programme de renouvellement et de croissance. La compagnie nationale saoudienne exploite plus de 150 appareils, avec notamment des Boeing 777 et des Boeing 787 Dreamliner. Son carnet de livraisons comprendrait 60 Airbus A321neo et 13 A321XLR, auxquels s’ajoutent 21 Boeing 787-10 et 13 Boeing 787-9.  Cette stratégie de flotte accompagne les ambitions de Riyad visant à accroître fortement la connectivité du pays, le trafic touristique international et le poids du secteur aérien dans la diversification de l’économie saoudienne.

Le groupe ne limite pas ses investissements aux activités passagers. Saudia Cargo a par ailleurs annoncé en juillet un accord avec Boeing portant sur quatre 777-200 Freighter supplémentaires, venant renforcer une flotte qui compte déjà quatre appareils de ce type.

À Paris, Saudia met en place un dispositif de financement pour de futurs Airbus 1 Air Journal

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