Brussels Airport a accueilli lundi son premier train ICE en provenance de Cologne, rétablissant une liaison directe avec le réseau international à grande vitesse pour la première fois depuis 2015. Grâce à un accord entre Deutsche Bahn et Brussels Airlines, les voyageurs peuvent désormais associer le trajet ferroviaire et un vol de la compagnie belge sur une même réservation, avec correspondance protégée.
Le premier ICE de Deutsche Bahn a quitté Cologne le 7 septembre à 6h11, a desservi Aix-la-Chapelle, Liège et Louvain, puis est arrivé à la gare de Brussels Airport à 8h29, avant de poursuivre cinq minutes plus tard vers Anvers-Central. Au-delà du symbole ferroviaire, cette arrivée marque une étape stratégique pour Brussels Airport : l’aéroport belge cherche à élargir sa zone de chalandise vers l’ouest de l’Allemagne sans multiplier les liaisons aériennes de correspondance.
Un ICE Cologne–Brussels Airport–Anvers deux fois par jour
La nouvelle desserte repose sur deux aller-retours quotidiens entre Cologne et Anvers. Les ICE en provenance de Cologne arrivent à Brussels Airport à 8h29 et 16h28 ; dans l’autre sens, au départ d’Anvers vers Cologne, les trains marquent l’arrêt à l’aéroport à 11h29 et 14h29. La gare ferroviaire est située sous le terminal, ce qui facilite le passage du train à l’enregistrement puis aux contrôles de sûreté.
Pour un passager au départ de Cologne, le temps de parcours jusqu’à Brussels Airport s’établit à environ deux heures. La relation dessert également Aix-la-Chapelle, Liège et Louvain, tout en prolongeant son itinéraire jusqu’à Anvers-Central. Le service est exploité par Deutsche Bahn en coopération avec la SNCB, qui fournit notamment les conducteurs en Belgique.
Cette desserte constitue le retour du train à grande vitesse à Zaventem après plus de dix ans d’absence. Brussels Airport avait perdu sa connexion directe au réseau international à grande vitesse en 2015 ; le nouvel arrêt ICE replace donc l’aéroport sur la carte des accès ferroviaires transfrontaliers à haut niveau de service.
Un seul billet train-avion avec Brussels Airlines
L’élément le plus important, côté aérien, ne réside pas seulement dans l’arrêt de l’ICE : il s’agit de l’intégration commerciale du rail au réseau de Brussels Airlines. Les passagers de la compagnie au départ de l’ouest de l’Allemagne peuvent réserver le segment ferroviaire et le vol au sein d’un même dossier de voyage, via le site de Brussels Airlines, les agences de voyages et les canaux de vente habituels. Les billets sont également proposés sur les canaux de Lufthansa Group.
Le produit donne droit à une correspondance garantie en cas de perturbation sur la partie ferroviaire ou aérienne, selon les conditions du billet combiné. Les voyageurs peuvent en outre cumuler des miles dans le programme Miles & More. Cette logique de « through-ticketing » rapproche l’offre de celle d’un pré-acheminement aérien classique : le train devient, pour le client, la première ou la dernière étape d’un même itinéraire plutôt qu’un trajet acheté séparément.
Depuis l’annonce du partenariat en février, plus de 1 000 billets combinant ICE et vol Brussels Airlines avaient déjà été vendus avant l’inauguration du service. Parmi les destinations les plus réservées figurent New York, Accra et Alicante, signe que l’offre vise autant les flux long-courriers via le hub bruxellois que le réseau européen de la compagnie belge.
Un levier de trafic sans vols supplémentaires
Pour Brussels Airlines, filiale du groupe Lufthansa, l’intérêt est double : capter des voyageurs issus de marchés allemands proches, notamment autour de Cologne et d’Aix-la-Chapelle, et alimenter son réseau sans ouvrir de nouvelles liaisons aériennes courtes. L’aéroport met en avant plus de 180 destinations accessibles depuis Brussels Airport, même si l’offre effective dépend naturellement des programmes de vols et des périodes de voyage.
« Nous pouvons accueillir davantage de voyageurs au sein de notre réseau, sans devoir pour autant déployer des vols supplémentaires », a déclaré Nina Öwerdieck, directrice financière de Brussels Airlines. « Nous espérons que ce n’est que le début d’un réseau de trains à grande vitesse plus étendu à Brussels Airport, avec davantage de possibilités de combiner le train et l’avion de manière fluide. »
Arnaud Feist, directeur général de Brussels Airport, voit dans cette arrivée une avancée pour la stratégie intermodale de la plateforme : « Grâce à cette connexion au réseau ferroviaire à grande vitesse, les passagers peuvent déjà effectuer une partie de leur trajet en train et bénéficient d’un accès simplifié à plus de 180 destinations de notre réseau. »
Deutsche Bahn met pour sa part en avant la complémentarité entre deux plateformes de correspondance. « Avec la liaison ICE, nous relions deux pôles de transport majeurs : Cologne, en tant que plaque tournante pour les voyages internationaux longue distance, et Brussels Airport, en tant que hub international pour les correspondances aériennes », a souligné Michael Peterson, membre du directoire de DB chargé du transport voyageurs longue distance.
L’intermodalité s’installe dans la stratégie des hubs
Cette initiative s’inscrit dans une tendance européenne plus large : les compagnies aériennes cherchent à intégrer le train dans leurs réseaux de distribution afin de réduire la dépendance aux courts courriers de correspondance, de renforcer la connectivité de leurs hubs et de proposer un parcours moins fragmenté. Le modèle est particulièrement pertinent lorsque l’infrastructure ferroviaire permet un accès direct au terminal et que le billet unique protège effectivement le passager en cas de retard.
À Brussels Airport, le défi sera désormais de transformer l’essai commercialement. Les deux allers-retours quotidiens offrent une première base, mais leurs horaires limitent de fait l’accès à certaines vagues de départ ou d’arrivée. L’ambition affichée par l’aéroport et Brussels Airlines est donc claire : étendre à terme le nombre de destinations ferroviaires internationales directement connectées à Zaventem, afin de faire du train un véritable alimentateur du réseau aérien, et non une simple alternative terrestre.

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