Boeing est parvenu à un accord de principe avec le syndicat SPEEA, représentant environ 17 000 ingénieurs, scientifiques et personnels techniques. La proposition, qui doit encore être ratifiée par les salariés avant l’expiration du contrat actuel le 6 octobre, réduit fortement le risque immédiat d’une grève susceptible de perturber les programmes 737 MAX 10 et 777-9.
Après plusieurs semaines de négociations et un premier texte très largement rejeté fin août, Boeing et la Society of Professional Engineering Employees in Aerospace (SPEEA) ont annoncé, vendredi 11 septembre, un nouvel accord provisoire de quatre ans. L’enjeu dépasse largement la seule question sociale : les salariés concernés participent aux travaux de conception, d’essais, de maintenance, de production et, surtout, de certification d’avions déjà très en retard sur leur calendrier. Le texte doit désormais être soumis au vote des deux unités représentées par la SPEEA. Le syndicat regroupe principalement 12 696 ingénieurs techniciens et scientifiques de sa « Professional Unit », ainsi que 3 959 personnels techniques de sa « Technical Unit », surtout implantés dans la région de Puget Sound, autour de Seattle.
Boeing relève nettement son offre salariale
Le nouveau projet prévoit une augmentation générale garantie de 10% dès le 16 octobre, si le contrat est approuvé. Elle serait suivie d’une hausse de 4% en mars 2027. Pour les années 2028, 2029 et 2030, Boeing prévoit des enveloppes salariales de 6%, avec une augmentation individuelle garantie d’au moins 4%, à laquelle pourraient s’ajouter des hausses liées au mérite.
Cette révision représente un changement notable par rapport à la première proposition de Boeing. Celle-ci ne prévoyait qu’une hausse générale initiale de 3%, complétée par des dispositifs dépendant de l’inflation — plafonnés à 3% — et de critères individuels. Les membres de la SPEEA avaient estimé que cette formule risquait de les laisser derrière le coût de la vie dans la région de Seattle, où l’indice local des prix à la consommation avait progressé de 4,5% sur un an en juillet.
Télétravail et heures supplémentaires au cœur du compromis
Au-delà du salaire, le texte révisé comprend des évolutions sur le télétravail et sur l’encadrement des heures supplémentaires pour les membres de l’unité professionnelle. Ces sujets figuraient parmi les préoccupations exprimées par les salariés, dans un contexte où Boeing cherche à stabiliser ses équipes d’ingénierie après plusieurs années de tensions industrielles, de difficultés de qualité et de forte pression sur ses programmes civils.
L’équipe de négociation de la SPEEA reconnaît que l’accord ne reprend pas l’ensemble des revendications initiales, mais y voit une avancée significative. Elle recommande aux adhérents de voter en faveur du texte.
L’accord intervient moins d’un mois après un rejet massif de la première proposition de Boeing. Le 21 août, 64% des ingénieurs et environ 72% des personnels techniques avaient voté contre le précédent projet d’accord.
Un accord crucial pour les programmes 737 MAX 10 et 777-9
Pour Boeing, éviter un arrêt de travail au sein de l’ingénierie est d’autant plus stratégique que les équipes SPEEA sont directement impliquées dans les dossiers de certification et de développement des futurs appareils. Une grève aurait menacé de retarder davantage les campagnes du 737 MAX 10 et du 777-9, deux programmes déjà décalés de plusieurs années.
Le 737 MAX 10, version la plus capacitaire de la famille MAX, reste attendu par plusieurs grandes compagnies, notamment United Airlines. Le 777-9, premier modèle de la future famille 777X, doit quant à lui constituer le nouveau très gros-porteur biréacteur de Boeing sur le segment long-courrier. La disponibilité commerciale de ces avions dépend non seulement de l’avancement industriel, mais aussi de processus de certification devenus plus exigeants après la crise du 737 MAX.
Boeing sort par ailleurs d’une période sociale difficile : en 2024, une grève de sept semaines menée par environ 33 000 salariés représentés par l’International Association of Machinists and Aerospace Workers (IAM) avait paralysé l’essentiel de la production d’avions commerciaux dans la région de Seattle.
L’accord avec la SPEEA ne devient donc définitif qu’en cas de vote favorable des deux unités concernées. Mais l’amélioration substantielle des augmentations garanties et l’appui de l’équipe de négociation syndicale donnent à Boeing une chance sérieuse d’éviter un nouveau conflit social à quelques semaines de l’échéance du 6 octobre.

Tilo a commenté :
14 septembre 2026 - 9 h 53 min
A chaque fois c’est la même chose ils font grève pile poile au moment où le 777X9 et les 737max sont à quelques semaines d’être certifié c’est comme les cheminots de la sncf ils font exprès de choisir des dates de grève pile poile au moment de la période des vacances d’hiver et prendre en otage les voyageurs qui ont réservés leurs billets.