Airbus vient d’inaugurer à Toulouse un nouveau centre intégré de livraisons destiné à sa famille A320. Implanté sur le site Jean-Luc Lagardère, au nord-ouest de la ville, le complexe doit fluidifier les dernières opérations industrielles et administratives avant la remise des avions aux compagnies aériennes, alors que l’avionneur prépare une production de 70 à 75 monocouloirs par mois à la fin de 2027.
Airbus regroupe les dernières étapes de livraison
Après l’assemblage, les essais et les finitions, vient l’étape très concrète de la remise de l’appareil au client. C’est précisément ce maillon qu’Airbus veut rendre plus fluide à Toulouse. Son nouveau centre de livraisons de la famille A320 rassemble sur un même site les opérations de production, les réglages techniques, les finitions et l’accueil des compagnies. Le projet s’étend sur plus de 35 000 m². Sa construction a mobilisé plus de 700 personnes et une cinquantaine de partenaires, selon Airbus. L’ensemble porte à seize le nombre de positions de stationnement avion implantées à proximité immédiate des lignes d’assemblage final du site Jean-Luc Lagardère.
L’infrastructure comprend aussi, pour la première fois sur le site, un hall spécifiquement consacré aux réglages et aux finitions techniques des monocouloirs. L’objectif est d’éviter les ruptures de flux entre la sortie de chaîne, les interventions de préparation et la livraison effective de l’avion.
A320 : des clients reçus au plus près des avions
Le nouvel équipement ne se limite pas aux activités industrielles. Airbus y a aménagé un espace dédié aux équipes des compagnies aériennes, ainsi qu’une zone de dédouanement pour les exportations. Les clients disposent d’espaces de travail avec une vue directe sur les appareils en préparation. Cette proximité répond à une logique opérationnelle : les équipes de réception des compagnies doivent pouvoir suivre les dernières vérifications, examiner la configuration de leur avion et finaliser la documentation avant son convoyage vers la base d’exploitation. Dans une industrie où les retards de livraison peuvent désorganiser les programmes de flotte, la réduction du temps passé entre fin de production et remise au client devient un enjeu aussi important que l’assemblage lui-même.
Sur le plan du chantier, Airbus souligne avoir fait passer les réseaux techniques en surface, via un pont conçu pour préserver les eaux souterraines du site. Une contrainte environnementale intégrée à un projet d’abord pensé pour gagner en efficacité logistique.
Une pièce de plus dans la montée en cadence
Ce centre intervient alors qu’Airbus réorganise profondément ses capacités toulousaines autour de la famille A320. Le hall Jean-Luc Lagardère, construit à l’origine pour l’A380, accueille désormais deux lignes d’assemblage final de monocouloirs : la première a été inaugurée en 2023, la seconde en juin 2026. Toulouse compte ainsi deux lignes A320, aux côtés de quatre à Hambourg, deux à Mobile et deux à Tianjin, soit dix lignes dans le réseau mondial du programme.
Airbus confirme viser une cadence comprise entre 70 et 75 appareils de la famille A320 par mois d’ici à la fin 2027, avant une stabilisation au rythme de 75 unités mensuelles. Mais l’avionneur reconnaît que la disponibilité des moteurs Pratt & Whitney demeure un facteur déterminant de cette trajectoire.
La pression industrielle s’explique par l’ampleur du carnet de commandes et par le poids croissant de l’A321neo. Fin mai, Airbus comptait 7 499 A320 de la famille à livrer, dont 5 615 A321neo — près de trois quarts du portefeuille. Au-delà de la cadence d’assemblage, Toulouse se prépare donc aussi à accélérer la dernière ligne droite : celle qui transforme un avion terminé en appareil effectivement livré, facturé et exploitable par une compagnie.

GVA1112 a commenté :
15 septembre 2026 - 15 h 30 min
Que va devenir le premier site d’assemblage des A320 – site historique de St Martin du Touch ?
Selon les pistes évoquées dans la stratégie industrielle locale, les volumes et espaces libérés sur le site de Saint-Martin-du-Touch pourraient potentiellement être réattribués ou repris à terme par d’autres activités du groupe ou des partenaires (tels qu’ATR), bien que le calendrier exact de cette transition complète reste lié à la montée en puissance du site Lagardère.
Quelles seraient ces nouvelles activités ??