Vols supprimés, voyages réorganisés à la dernière minute et frais de remplacement à avancer : dans une enquête publiée le 20 octobre, Que Choisir épingle la gestion des annulations de vols par Volotea. Cette dernière assure que les ajustements de son programme hivernal représentent moins de 4% de son programme annuel en France. Elle invoque le coût du carburant et l’instabilité géopolitique, alors qu’elle négocie parallèlement une restructuration de sa dette et prévoit de réduire sa flotte.
Des vacances bouleversées et des dépenses supplémentaires
Plusieurs dizaines de voyageurs ont répondu à l’appel à témoignages de Que Choisir. Leurs récits décrivent des séjours compromis et des solutions de remplacement parfois beaucoup plus coûteuses que les billets initialement achetés. Ces témoignages illustrent des difficultés individuelles, sans constituer une mesure statistique de l’ensemble des annulations de la low cost espagnole en France.
Un passager dont l’aller-retour vers Grande Canarie a été supprimé explique avoir dû modifier sa date de départ et avancer environ 200 euros de dépenses supplémentaires. « J’ai dû réorganiser tout mon voyage en urgence et engager des dépenses imprévues », témoigne-t-il. Un couple d’Ille-et-Vilaine a, de son côté, dû revoir son voyage de noces après l’annulation d’un Nantes-Naples. Les deux voyageurs ont réservé auprès d’une autre compagnie aérienne, à une autre date. « Notre voyage va nous coûter deux fois plus cher et nous ne pourrons pas faire tout ce que nous avions prévu », déplorent-ils.
Des messages de remboursement contestés
L’enquête de Que Choisir ne porte pas uniquement sur la suppression des vols. Elle met aussi en cause les informations transmises par le service client de Volotea, notamment sur les délais de remboursement. Dans un courriel envoyé à un client et consulté par Que Choisir, Volotea prévient qu’en raison du volume de demandes, le remboursement peut prendre « jusqu’à 30 jours ouvrés ». Or le règlement européen des droits des passagers prévoit un remboursement du billet dans un délai de sept jours lorsque le passager choisit cette option après une annulation.
Interrogée par Que Choisir, la low cost affirme néanmoins que « les remboursements de billets sont actuellement traités dans un délai de sept jours à compter de la demande de remboursement effectuée par le client via les canaux officiels de Volotea ». Cette communication officielle ne correspond donc pas au délai annoncé dans le courriel rapporté par Que Choisir.
Le réacheminement, autre point de friction
Lorsqu’un vol est annulé, comme le prévoit le règlement européen, la compagnie aérienne doit laisser au passager le choix entre le remboursement et un réacheminement vers sa destination finale. Celui-ci peut avoir lieu dans les meilleurs délais ou à une date ultérieure choisie par le voyageur, dans des conditions de transport comparables et sous réserve des places disponibles pour cette dernière option.
Selon Que Choisir, plusieurs clients de Volotea ont pourtant été invités à rechercher eux-mêmes une solution de réacheminement, puis à en demander le remboursement. Un voyageur dont le retour Malaga-Lyon avait été annulé raconte ainsi avoir proposé un trajet Air France via Paris. Faute de réservation effectuée par Volotea, il a finalement avancé 522 euros.
D’autres passagers ont hésité à engager des montants importants sans garantie de prise en charge. Une famille lilloise, dont les vols vers Ajaccio avaient été annulés trois semaines avant le départ, avait trouvé des billets au départ de Paris pour 1 500 euros à trois. Elle dit ne pas avoir obtenu de confirmation avant l’achat malgré plusieurs démarches.
Volotea précise à Que Choisir que les demandes de remboursement des transports alternatifs sont examinées « au cas par cas ». « Nous ne pouvons confirmer à l’avance si une dépense donnée sera remboursée ni le montant susceptible d’être pris en charge », ajoute-elle. Cette incertitude est précisément l’un des principaux griefs exprimés par les voyageurs interrogés.
Volotea invoque le carburant et les tensions géopolitiques
Volotea indique que les ajustements de son programme hivernal concernent « moins de 4% » de son programme annuel de vols en France. Pour sa part, Que Choisir estime que les annulations dépassent le millier.
La low cost conteste par ailleurs tout lien entre ces réductions et la restructuration de sa dette, estimée à 356 millions d’euros : « Elles s’expliquent par la flambée des prix du carburant […] ainsi que par l’instabilité géopolitique ». Elle confirme toutefois travailler à des mesures destinées à améliorer l’efficacité de sa flotte. Celle-ci devrait compter environ 30 à 35 appareils, contre 44 au moment de sa réponse à Que Choisir. La réduction envisagée représente donc entre neuf et quatorze avions.

@BSCA
Tony de Brest a commenté :
25 octobre 2026 - 15 h 54 min
Selon TourMaG.com, dans un article publié le 14 octobre 2026, le nombre de vols programmés par Volotea en France est passé de 2 652 en octobre à 1 161 en novembre, soit une contraction de plus de 56 %. À elle seule, la France représente 50,8 % des suppressions de vols anticipées en Europe pour ce mois de novembre 2026. Malgré ce contexte difficile, Volotea a décroché pour la cinquième fois le titre de meilleure compagnie aérienne low cost d’Europe lors des World Travel Awards, dont la cérémonie de gala européenne s’est tenue le 17 octobre 2026 au Hyatt Regency Kotor Bay Resort, au Monténégro.
Trophée, médaille, récompense, award, diplôme... a commenté :
26 octobre 2026 - 19 h 09 min
Votre commentaire constraste de façon violente (ce n’est pas un reproche) avec les déboires vécus par les passagers qui ont témoigné : on le sait, ceux qui sont contents ne le disent pas…
Mais ceux qui se trouvent confrontés à des situations intenables (frais supplémentaires, recherche d’un autre vol, où loger en attendant, l’inconfort de l’attente, parfois des enfants ou des seniors en difficulté, sans oublier un stress continu…).
Et le fait qu’ils soient une minorité n’occulte pas cette image de compagnie déficiente ; comme au restaurant, les 5 clients malades à cause d’un plat qui se feront entendre plus que les 30 ou 40 autres satisfaits. Le restaurateur doit-il se dédouaner en fonction de ces petites statistiques ?
Aucune entreprise de service ne peut se contenter de dire “oui mais y sont pas nombreux !” .
Elle a une obligation de rendre le service pour lequel les clients ont payé, non ?
Instruit des déboires et failles de Volotea, au moment de voler vers Oslo au départ de Lyon, j’avais le choix entre cette compagnie et Norwegian. Je n’ai pas hésité longtemps ; pour autant, Norwegian a-t-elle reçu un quelconque “Award de la meilleure compagnie” etc… ?
Enseignant dans une autre vie, si j’avais eu face à moi 2 ou 3 parents me disant “on n’est pas satisfaits de vos méthodes pédagogiques !”, me serais-je tranquillement défilé en leur répliquant “oui, mais les 24 autres sont contents !” ?
Enfin, Volotea met en avant les problèmes qu’ont toutes les compagnies aériennes depuis un bon moment : les coûts de carburant.
Faut-il donc que le voyageur se contente de cette explication ?
A aucun moment, elle ne met en cause l’organisation et l’efficacité de son S.A.V., ce qui n’est pas le signe d’une grande honnêteté.
Il serait d’ailleurs intéressant, qu’Air Journal gratifie un jour ses lecteurs d’un bel article énumérant les critères qui permettent d’attribuer à telle ou telle compagnie, telle ou telle récompense.
Savent-elles, ces compagnies, que les voyageurs lucides, prudents, avisés, voire même méfiants, ne se contentent pas, au moment de leur achat, de regarder le nombre de médailles reçues, comme les taureaux à la fin du marché au bétail ?