Le conflit au Moyen-Orient a nettement pesé sur les comptes d’easyJet au troisième trimestre de son exercice 2026. La compagnie low cost britannique a vu son bénéfice avant impôts chuter de 70%, à 85 millions de livres sterling, soit environ 98,7 millions d’euros, contre 286 millions un an plus tôt.

EasyJet sanctionnée par le choc géopolitique

La compagnie basée à Luton explique que ses performances ont été affectées par la hausse des prix du carburant et par un reflux de la demande après l’éclatement du conflit au Moyen-Orient en mars. Selon son communiqué, la facture carburant a augmenté de 105 millions de livres sur un an, soit environ 122 millions d’euros, un écart suffisant pour comprimer la rentabilité malgré une activité commerciale toujours soutenue.

Selon les indications récentes de la direction, easyJet a couvert environ 84% de ses besoins en carburant pour le premier semestre 2026, à un coût moyen proche de 715 dollars la tonne métrique, avant de descendre à environ 62% pour le second semestre 2026, à un niveau voisin de 688 dollars la tonne, et à 43% pour le premier semestre 2027. Ce profil de couverture, décroissant au fil des trimestres, explique que la compagnie subisse plus directement la montée de la volatilité des cours au fur et à mesure que progresse l’exercice où la rentabilité demeure très sensible aux moindres variations du contexte externe. Pour comparaison, Ryanair, de son côté, a sécurisé une part plus importante de sa facture de kérosène : la low cost irlandaise indique être couverte à environ 80% pour l’exercice en cours, avec des volumes encore autour de 84% sur certaines périodes à des niveaux de prix inférieurs à ceux d’easyJet.

Sur les trois mois clos au 30 juin, easyJet a transporté 25,8 millions de passagers, avec un coefficient de remplissage de 88,9%, en léger repli d’un point sur un an. La capacité a progressé de 3% en ASK et le revenu unitaire par siège-kilomètre offert (RASK) a reculé de 3%, signe d’un environnement tarifaire plus tendu qu’au printemps.

Des réservations tardives toujours robustes

Le directeur général Kenton Jarvis a insisté sur la solidité de l’exécution opérationnelle. « Nous avons continué à gérer les conséquences du conflit au Moyen-Orient, notamment son impact sur les prix du carburant et les tendances de réservation », a-t-il déclaré dans le communiqué d’easyJet. La compagnie souligne aussi que les réservations de dernière minute restent dynamiques, un point essentiel dans le modèle économique du transporteur low cost.

La demande semble également se redresser progressivement à l’approche du pic estival. EasyJet note que l’écart de coefficient de remplissage pour les grandes périodes de vacances se resserre et que la courbe de réservation s’allonge, même si le groupe estime encore nécessaire d’ajuster les prix pour stimuler certaines ventes à plus longue échéance.

EasyJet holidays amortit le choc

Dans ce contexte, l’activité easyJet holidays apporte une forme de stabilité. Son bénéfice avant impôts ressort à 84 millions de livres, quasi inchangé sur un an, alors que le groupe met en avant la résilience de ce segment à faible intensité capitalistique. Cette branche, devenue stratégique pour la compagnie, contribue à lisser les effets d’une activité transport aérien plus exposée aux soubresauts géopolitiques et aux variations du kérosène.

Sur le plan opérationnel, easyJet revendique par ailleurs une ponctualité de 78% depuis le début de l’exercice, en hausse de deux points, ainsi qu’un score de satisfaction client de 84%, également en amélioration. Le transporteur maintient sa cible d’augmentation de capacité d’environ 6% sur l’exercice 2026.

Un dossier boursier toujours ouvert

Ces résultats interviennent alors que la compagnie reste courtisée. Apollo et Castlelake sont en lice pour une éventuelle offre sur easyJet, la valorisation évoquée par Apollo, supérieure à celle de Castlelake atteignant 5,7 milliards de livres, soit environ 6,6 milliards d’euros. Le dossier ajoute une dimension capitalistique à une période déjà sensible pour le groupe, dont la valeur dépend aussi de ses créneaux aéroportuaires et de sa capacité à préserver ses marges. Apollo a jusqu’au 7 août pour déposer une offre ferme. La date limite pour Castlelake est quant à elle fixée au 3 août.

Pour l’exercice 2026, easyJet dit toujours viser un bénéfice avant impôts supérieur à 1 milliard de livres (environ 1,15 milliard d’euros) à moyen terme, à mesure que les conditions de marché se normalisent. En attendant, le transporteur reste pris en étau entre géopolitique, carburant et pression concurrentielle, dans un secteur où la rentabilité demeure très sensible aux moindres variations du contexte externe.

EasyJet victime collatérale du conflit au Moyen-Orient : le bénéfice trimestriel chute de 70% 1 Air Journal

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