WestJet, deuxième compagnie aérienne canadienne, fait face à une grève de ses agents de bord en pleine pointe des vacances d’été. Plus de 600 vols ont été annulés depuis le début du débrayage, conséquence directe d’un bras de fer sur la rémunération des tâches effectuées au sol, que le syndicat juge « archaïque » et sous‑payée.
Une grève au cœur du week‑end prolongé
Le préavis de grève de 72 heures déposé par le SCFP 8125, le syndicat représentant environ 4 400 agents de bord de WestJet, est arrivé à échéance dimanche à 02 h 01 (heure de l’Est), au milieu d’un long week‑end dans la plupart des provinces canadiennes. Dès vendredi, la compagnie basée à Calgary avait commencé à « parquer » des avions et à réduire son programme de vols en prévision du conflit, tout en poursuivant les négociations avec le syndicat.
Selon WestJet, quelque 600 vols avaient déjà été annulés dimanche matin, sur un réseau de plus de 130 destinations au Canada, aux États‑Unis et à l’international. La ministre fédérale de l’Emploi, Patti Hajdu, a qualifié la situation de « développement décevant » sur X, tout en appelant les deux parties à « continuer de travailler à la recherche d’une entente » — sans annoncer pour l’instant d’intervention d’Ottawa, contrairement à ce qui s’est produit lors d’un conflit chez Air Canada en 2025.
Droits des passagers et remboursement des vols
WestJet assure que « tous les invités touchés seront remboursés ou réacheminés, selon le cas », invitant les passagers à vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport. Les vols WestJet Encore opérés en turbopropulseurs Q400 ainsi que les vols en partage de code avec des partenaires comme Delta Air Lines ne sont pas concernés par le mouvement, selon la compagnie.
Au cœur du conflit : la rémunération au sol
Les négociations entre WestJet et les agents de bord durent depuis septembre 2025, alors que la précédente convention collective, signée pour la période 2021‑2025, arrivait à échéance. Le syndicat affirme que la question de la rémunération des heures de travail au sol est au centre du conflit : les agents de bord seraient amenés à travailler jusqu’à 35 heures par mois sans être payés pour des tâches telles que l’embarquement, les contrôles de sécurité, l’assistance aux passagers ou la gestion des retards au sol.
« Nous avons été clairs sur ce qui doit changer et nous avons travaillé dur pour parvenir à une entente équitable », a déclaré Alia Hussain, présidente de la section locale CUPE 8125, en précisant que l’objectif du syndicat était de « parvenir à un accord sans perturber le transport aérien ». Sur le site du syndicat, les agents de bord dénoncent un système « entièrement à nos frais » pour ces tâches au sol : « L’embarquement, les inspections de sécurité, l’assistance aux passagers et les délais au sol sont entièrement sur notre dime », peut‑on lire sur la page de campagne contre la politique actuelle.
Le modèle de rémunération de WestJet sous pression
De son côté, WestJet rappelle que les agents de bord sont rémunérés sur la base d’heures de vol (« block hours ») qui débutent lorsque l’avion quitte la porte d’embarquement et se terminent à l’arrivée au prochain poste de stationnement, un modèle qu’elle qualifie de « standard » pour les équipages de cabine en Amérique du Nord. La compagnie soutient que son système de rémunération par crédit d’heures « inclut la compensation pour le travail effectué avant le décollage et après l’atterrissage » et qu’il respecte le Code canadien du travail.
Selon WestJet, les membres d’équipage de cabine gagnent entre 28 et 58 dollars canadiens de l’heure, selon l’ancienneté, ce qui placerait leur rémunération dans la fourchette de l’industrie. Le syndicat conteste cette présentation et estime que les agents de bord de WestJet sont « parmi les moins bien payés au pays », revendiquant un rattrapage salarial de l’ordre de 15 à 20% sur le salaire de base, assorti d’augmentations annuelles. Alia Hussain a qualifié le système de crédits de vol, en place depuis plus de 20 ans, d’« archaïque ».
Négociations toujours en cours
Malgré l’arrêt de travail, WestJet affirme « rester à la table » et « déterminée à conclure une entente de principe négociée qui reconnaisse l’importante contribution et le professionnalisme des membres d’équipage de cabine ».
Un avis de préavis de fermeture unilatérale des services par l’employeur de 72 heures a également été émis par la compagnie en réponse au préavis de grève, ce qui permettrait à WestJet de suspendre unilatéralement les agents de bord en l’absence d’accord. Pour l’heure, les deux parties poursuivent les discussions, dans l’espoir de limiter la durée de la grève et de rétablir progressivement le programme de vols.

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