À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, Wizz Air tente de remplir des vols charters transatlantiques opérés en Airbus A321XLR. Une initiative révélatrice des difficultés du modèle ultra low-cost à s’adapter au long-courrier, et d’une demande encore incertaine vers les États-Unis.

Wizz Air mise sur le Mondial… mais cherche encore ses passagers

La compagnie hongroise Wizz Air multiplie les démarches pour rentabiliser ses Airbus A321XLR, en proposant des vols charters vers les États-Unis à l’occasion de la Coupe du monde de football 2026. Mais à moins de trois semaines du premier match, aucun vol n’a encore été confirmé publiquement.

Intervenant lors du forum Routes Europe à Rimini, en Italie, le directeur commercial Ian Malin a reconnu que la compagnie était toujours à la recherche de clients : « Si quelqu’un veut se rendre à la Coupe du monde cet été aux États-Unis, nous avons les autorisations nécessaires […] et nous sommes prêts à proposer des devis », a-t-il déclaré.

Wizz Air cible à la fois les équipes européennes, les groupes de supporters et les tour-opérateurs spécialisés. Une approche opportuniste, qui contraste avec l’absence de stratégie long-courrier régulière vers l’Amérique du Nord.

Une demande décevante vers les États-Unis

Selon plusieurs indications concordantes issues du secteur du tourisme et de l’aérien, la demande pour assister à la Coupe du monde 2026 — organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique — serait inférieure aux attentes initiales, notamment sur le segment européen. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette prudence : le coût élevé des séjours aux États-Unis, les contraintes de visa ou formalités ESTA, l’offre aérienne déjà abondante sur l’Atlantique Nord et le contexte économique incertain en Europe. Dans ce contexte, les vols charters de Wizz Air apparaissent comme une offre de niche, difficile à commercialiser sans partenaires solides.

L’A321XLR, un avion encore en quête de modèle économique

Cette initiative illustre surtout les interrogations stratégiques autour de l’Airbus A321XLR au sein de Wizz Air. Conçu pour des liaisons long-courrier à coûts réduits, cet appareil monocouloir offre une autonomie pouvant atteindre environ 8 700 km. Mais pour une compagnie ultra low-cost (ULCC), son exploitation pose des défis structurels en raison du temps de rotation plus longs, d’une moindre densité de sièges que sur le court-courrier et de revenus annexes plus difficiles à maximiser sur long segment. Ian Malin l’a reconnu explicitement : « Il existe des cas d’usage où l’A321XLR fonctionne, et le charter en fait partie ».

Un cadre réglementaire favorable

Sur le plan réglementaire, Wizz Air UK dispose pourtant des autorisations nécessaires. La compagnie a obtenu au printemps 2026 un feu vert pour opérer des vols vers les États-Unis. Sa demande, déposée en janvier auprès des autorités américaines via le cabinet Holland & White, s’appuie sur l’accord « Open Skies » entre le Royaume-Uni et les États-Unis, qui permet une liberté totale de capacité et de fréquence, l’exploitation de vols réguliers ou charters ainsi que le transport de passagers, fret et courrier. Ce cadre ouvre théoriquement la voie à une expansion transatlantique, mais encore faut-il que la demande suive.

Coupe du monde 2026 : Wizz Air cherche encore des clients pour ses vols transatlantiques 1 Air Journal

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