Le groupe Lufthansa s’attend à ce que la hausse du prix du carburant lui coûte davantage que les 1,5 milliard d’euros anticipés en août pour 2026. Son directeur général, Carsten Spohr, maintient néanmoins sa prévision de bénéfice opérationnel, portée notamment par la demande en cabines haut de gamme.

Un surcoût de carburant non chiffré

La guerre en Iran continue de peser sur les comptes des compagnies aériennes. Lors d’une rencontre avec des journalistes à Francfort, lundi 28 septembre, Carsten Spohr a prévenu que le surcoût de carburant attendu cette année par Lufthansa Group dépasserait l’estimation annoncée en août. « Les 1,5 milliard [d’euros] que j’évoquais il y a quelques mois comme charge supplémentaire liée au carburant… le chiffre que nous devrons probablement présenter en fin d’année sera plus élevé », a-t-il déclaré. Il n’a pas avancé de nouveau montant. Le groupe tablait en août sur une facture totale de carburant de 8,66 milliards d’euros en 2026.

Lufthansa protégée, mais pas immunisée

Lufthansa bénéficie de couvertures qui amortissent les variations du prix du kérosène : 86% de ses besoins en carburant étaient couverts pour 2026, selon les indications communiquées en août, contre un peu plus de la moitié pour 2027. Cette protection n’efface pas le choc. Au deuxième trimestre, la hausse des coûts de carburant a représenté environ 750 millions d’euros par rapport à un an plus tôt ; le bénéfice opérationnel ajusté est tombé à 383 millions d’euros, contre 870 millions au deuxième trimestre 2025. Carsten Spohr observe cependant un essor des réservations en Premium Economy et en classe Affaires chez Lufthansa : une source de revenus bienvenue, mais qui ne suffit pas encore à dissiper l’incertitude sur la facture de carburant de fin d’année.

Malgré cette pression, Carsten Spohr a confirmé l’objectif d’un résultat opérationnel ajusté compris entre 1,7 et 2,2 milliards d’euros pour 2026. Le renchérissement du carburant complique toutefois le redressement du groupe, qui vise une marge opérationnelle de 8% à 10% à l’horizon 2028-2030. Pour réduire sa consommation, Lufthansa avait notamment annoncé en avril le retrait anticipé de ses quatre derniers A340-600 (en octobre) et l’immobilisation de deux 747-400 pour l’hiver 2026-2027.

Carburant : Lufthansa anticipe un surcoût supérieur à 1,5 milliard d’euros 1 Air Journal

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