Boeing a obtenu le feu vert du régulateur américain pour porter la cadence de production du 737 MAX à 47 appareils par mois et affirme avoir déjà aligné ses lignes d’assemblage sur ce nouvel objectif, contre 42 actuellement. L’avionneur reste toutefois sous forte surveillance de la FAA, et prévoit une montée en puissance progressive, sur fond de contraintes de qualité et de sécurité toujours très strictes.

Intervenant lors d’une conférence organisée par Bernstein, Kelly Ortberg a indiqué que Boeing avait franchi la revue dite « capstone » de la FAA, condition préalable à une hausse de la cadence du 737 MAX à 47 exemplaires par mois. « Nous avons passé la revue capstone pour le rythme de 47, nous sommes désormais en train de faire tourner la ligne à cette cadence de 47 appareils par mois », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il faudrait « quelques mois de stabilisation » avant que ce rythme ne soit pleinement atteint.

Selon le dirigeant, la production tourne actuellement autour de 42 appareils mensuels, un niveau déjà supérieur au plafond de 38 avions par mois imposé par la FAA en 2024, après un incident grave sur un 737 MAX d’Alaska Airlines qui avait relancé les critiques sur la culture sécurité du constructeur. La levée progressive des restrictions témoigne du fait que le régulateur juge que les mesures correctives engagées par Boeing sur ses lignes d’assemblage, notamment dans la région de Seattle, commencent à porter leurs fruits.

Un calendrier de montée en cadence prudent

Kelly Ortberg rappelle que la trajectoire de production ne sera pas linéaire : « Il nous faudra probablement quelques mois de stabilisation… Mon intuition est que nous continuerons à augmenter le rythme, cela prendra peut-être un peu plus de temps, mais nous sommes lancés pour la cadence de 47 par mois et nous devrions y être dans les prochains mois. » Boeing avait déjà indiqué lors de la publication de ses résultats trimestriels fin avril qu’il visait une cadence de 47 MAX par mois au cours de l’été.

Au-delà de ce premier seuil, l’industriel envisage une nouvelle hausse vers 52 appareils par mois, un jalon qui pourrait exiger « au moins six mois, voire plus » une fois la cadence de 47 consolidée, si le nouveau rythme est formellement entériné par la FAA en juillet ou août. Ortberg souligne que « le monde entier regarde » la capacité de Boeing à tenir durablement les seuils de 47 puis 52 appareils mensuels, preuve que la question de la fiabilité industrielle est devenue centrale pour les compagnies clientes, les autorités et les marchés financiers.

Une cadence encore loin des sommets d’avant-crise

Avant les crises successives du 737 MAX, Boeing avait déjà atteint une cadence de 57 monocouloirs MAX par mois, et avait un temps envisagé de grimper plus haut encore pour répondre à la demande des compagnies aériennes. Kelly Ortberg reconnaît toutefois que ce niveau n’est aujourd’hui plus tenable dans le cadre des nouvelles exigences de sécurité et de qualité : il ne pense pas que Boeing puisse « soutenir » une cadence de 57 avec les processus actuels, même si le marché justifierait à terme des volumes plus élevés.

L’objectif de long terme affiché reste d’atteindre un jour une cadence de 63 appareils par mois, horizon que le PDG juge compatible avec la demande mondiale pour des monocouloirs économes en carburant. « Nous aimerions un jour atteindre une cadence de 63 par mois, et nous pensons que le marché soutiendra ces cadences plus élevées », a-t-il déclaré, tout en rappelant que Boeing a encore « du travail à faire » avant de pouvoir envisager une telle montée en régime.

Le rôle central de la FAA après les incidents du MAX

La question des cadences de production du 737 MAX est étroitement liée aux exigences de la Federal Aviation Administration, qui a repris la main sur de nombreux processus de certification et de contrôle après les deux accidents mortels de Lion Air et Ethiopian Airlines, puis l’immobilisation mondiale de la flotte en 2019. À la suite de ces crises, la FAA a imposé des modifications profondes sur la conception, les procédures d’équipage et la maintenance de l’appareil, tout en renforçant ses audits sur les lignes d’assemblage de Boeing.

En 2024, un incident en vol impliquant la perte d’une porte de fuselage sur un 737 MAX d’Alaska Airlines a conduit le régulateur à plafonner la production du type à 38 appareils mensuels, le temps de vérifier l’efficacité des mesures de contrôle qualité mises en place par le constructeur. Ce plafond a ensuite été graduellement relevé, la FAA autorisant Boeing à monter à 42 appareils par mois à partir de l’automne 2025, puis désormais, à travailler à 47 après une nouvelle série d’inspections et de revues de conformité.

Une normalisation progressive, mais sous haute surveillance

Pour Boeing, la montée en cadence du 737 MAX constitue l’un des piliers de son redressement financier, le programme représentant la principale source de volumes et de trésorerie dans le portefeuille avions commerciaux. L’avionneur américain a indiqué dans son dernier rapport trimestriel qu’elle comptait sur l’augmentation des livraisons de 737 MAX et de 787 pour améliorer ses flux de trésorerie en 2026, tout en réduisant le recours aux appareils sortis de stock.

Boeing obtient le feu vert de la FAA pour produire 47 737 MAX par mois 1 Air Journal

©Spirit AeroSystems