British Airways vient d’assouplir ses règles de repos pour le personnel navigant commercial sur une partie de sa flotte long-courrier dépourvue de couchettes dédiées. Sur les Boeing 787-10 et certains 777-200ER, les hôtesses et stewards pourront désormais utiliser des sièges passagers inoccupés, y compris en Première (First) et en Club World, avec la literie associée à ces cabines.

Un nouveau dispositif de repos sur les 787-10 et 777-200

Selon plusieurs médias spécialisés, British Airways a informé ses près de 20 000 membres d’équipage cabine qu’ils sont désormais « libres d’utiliser tout siège passager disponible, y compris en Première classe, sur certains vols long-courriers opérés par des avions dépourvus de véritables installations de repos équipage ». Sont concernés les Boeing 787-10 Dreamliner et une partie des Boeing 777-200ER qui ont été livrés sans modules de repos pour le personnel.

Jusqu’ici, sur ces appareils, l’équipage prenait son repos sur des « sièges d’agent de bord grand confort », des strapontins rabattables situés près des portes et parfois isolés par des rideaux dans les zones cuisine. Désormais, lorsque le vol n’est pas complet, des sièges pourront être réservés pour le repos cabine dans toutes les classes de voyage, avec accès à la literie correspondante.

Une négociation avec BASSA sur fond de gestion de la fatigue

La modification de politique intervient après des discussions entre British Airways et le syndicat BASSA (British Airlines Stewards and Stewardesses Association), affilié au Unite the Union, qui représente la majorité des PNC de la compagnie. BASSA milite de longue date pour l’amélioration des conditions de repos et de travail à bord, notamment sur les appareils dépourvus de couchettes isolées.

D’après des documents internes cités par la presse spécialisée, l’accord permet au personnel de « se reposer dans des sièges passagers libres dans n’importe quelle cabine, y compris First et Club World, tant que ces sièges n’ont pas été obtenus en demandant à des clients de se déplacer ». Les équipages doivent en outre « retirer ou couvrir les éléments de leur uniforme et utiliser la literie fournie pour la cabine concernée » afin d’éviter toute confusion avec les passagers et de préserver l’image de marque.

Du point de vue de la sécurité des vols, cette évolution ne modifie pas les obligations réglementaires, mais elle vise à optimiser la qualité du repos sur des rotations où des couchettes ne sont pas exigées par les textes. Pour une compagnie réseau comme British Airways, l’enjeu est double : réduire la fatigue opérationnelle et maintenir la productivité des rotations long‑courriers sans modifier en profondeur l’aménagement cabine de ces sous‑flottes.

Contrairement à une idée répandue, tous les gros-porteurs ne sont pas automatiquement équipés de « compartiments secrets » pour le repos de l’équipage. Airbus comme Boeing proposent des modules de repos équipage (crew rest compartments) en option, que les compagnies choisissent ou non d’installer au moment de la configuration cabine.

Impacts opérationnels et perception des passagers

D’un point de vue opérationnel, la possibilité d’allouer des sièges passagers à l’équipage pour le repos suppose une gestion fine des inventaires de sièges, notamment en Première et en Club World, où le yield management est particulièrement sensible. La notion de « soft block » pour le repos équipage permet de conserver une flexibilité commerciale : les sièges réservés au repos ne sont réellement bloqués que si la demande passagers n’atteint pas le seuil de remplissage maximal.

British Airways : l’équipage pourra dormir en Première sur les vols long-courriers 1 Air Journal

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