Airbus a presque interrompu les livraisons de son A330neo pendant l’été, après la découverte d’un problème de qualité sur le plan horizontal de l’empennage. Aucun exemplaire n’a été remis en juin et juillet, puis un seul en août, alors que l’avionneur assure avoir identifié la cause du défaut et repris les livraisons.

Le ralentissement est particulièrement marqué pour un programme qui, sans atteindre les cadences des monocouloirs A320neo, demeure essentiel dans l’offre long-courrier d’Airbus. Selon les informations initialement révélées par Bloomberg, le constructeur européen a dû soumettre les appareils en cours de production à des inspections supplémentaires, ce qui a différé les remises aux clients.

Un problème sur le plan horizontal

L’anomalie concerne le plan horizontal de l’empennage de l’A330, autrement dit le stabilisateur qui contribue à la stabilité longitudinale de l’avion et porte les gouvernes de profondeur. Airbus n’a pas précisé la nature exacte du défaut, le nombre d’avions concernés ni les éventuels travaux de reprise nécessaires.

Le groupe évoque toutefois un incident circonscrit, détecté avant livraison. « La cause première a été identifiée et les livraisons d’A330 ont repris », a déclaré Airbus à Bloomberg, qualifiant le problème de « problème de qualité isolé ». Selon Reuters, le constructeur a confirmé que cette situation avait conduit à ralentir les livraisons pendant l’été afin de réaliser les vérifications nécessaires. Aucun élément public ne laisse à ce stade penser que des A330neo déjà en exploitation devraient faire l’objet d’une action particulière. Une source citée par l’AFP a assuré qu’il ne s’agissait pas d’un enjeu de sécurité, mais d’un problème de qualité de production.

Un seul A330neo livré de juin à août

Les chiffres illustrent l’ampleur du coup de frein. Airbus avait livré trois A330neo en mars, deux en avril et quatre en mai, soit neuf appareils sur trois mois. En revanche, aucune livraison n’a été enregistrée en juin ni en juillet. En août, un seul A330-900 a été remis : l’appareil MSN 2133, destiné à la compagnie taïwanaise Starlux Airlines.

Cette séquence ne signifie pas nécessairement un arrêt de l’assemblage : les inspections peuvent immobiliser temporairement des avions déjà produits ou proches de leur livraison. Mais elle crée potentiellement un décalage dans le calendrier des clients et dans la reconnaissance des livraisons par Airbus.

Un programme à forte charge de commandes

L’épisode intervient alors que l’A330neo conserve un carnet de commandes conséquent. Fin juillet, Airbus totalisait 523 commandes fermes pour les deux versions : 511 A330-900 et 12 A330-800. Après 126 livraisons recensées à cette date, près de 400 appareils restaient donc à produire et à remettre aux compagnies.

L’A330-900 concentre l’essentiel de cette activité. Il est notamment choisi par des transporteurs recherchant un gros-porteur de capacité intermédiaire, moins imposant que l’A350 et concurrent du Boeing 787-9 sur certaines missions long-courriers. Airbus vise toujours une cadence de cinq A330 par mois en 2029, contre environ quatre appareils mensuels aujourd’hui (normalement).

Pour Airbus, la reprise annoncée des livraisons sera désormais scrutée de près. Le constructeur doit simultanément tenir son objectif annuel d’environ 870 avions commerciaux livrés en 2026, dans une fourchette comprise entre 850 et 890 appareils, alors que les tensions d’approvisionnement continuent de peser sur l’ensemble de la filière.

Airbus : les livraisons d’A330neo presque à l’arrêt cet été après un problème qualité 1 Air Journal

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