Une averse sur le tarmac d’Honolulu, onze peintures japonaises sur papier gravement endommagées et une demande d’indemnisation de plus d’un demi-million de dollars : Alaska Airlines, sa filiale Hawaiian Airlines et un commissionnaire de transport sont visés par une action en justice aux Etats-Unis. L’affaire rappelle les risques du transport d’objets de valeur dans le circuit bagages des compagnies aériennes.
Selon une plainte déposée devant une juridiction de l’Etat de New York, les œuvres voyageaient le 18 mars entre Osaka, au Japon, et l’aéroport JFK de New York, à destination de la galerie Naga Antiques, établie à Hudson. Elles étaient conditionnées dans des caisses en carton et transitaient par l’aéroport international Daniel K. Inouye d’Honolulu.
Des caisses exposées à une forte averse
Le dossier, porté par l’assureur Distinguished Programs Insurance Brokerage après indemnisation de son client, soutient que les tableaux ont été débarqués durant de fortes pluies à Honolulu sans protection suffisante contre l’eau. « Alaska a débarqué les œuvres d’art pendant une forte tempête de pluie et n’a pris aucune mesure pour les protéger des dégâts des eaux », affirme la plainte. « Les œuvres ont ainsi été trempées et ont subi des dommages importants. »
Le montant du préjudice allégué dépasse 521 900 dollars, intérêts compris. Les plaignants accusent Alaska Airlines et Hawaiian Airlines — intégrée au groupe Alaska — de « négligence grave », d’« insouciance téméraire » et, selon la formulation du recours, de comportement fautif délibéré. Compass Forwarding, le prestataire logistique new-yorkais chargé de l’expédition, est également mis en cause. À ce stade, il s’agit d’allégations qui devront être examinées par la justice ; Alaska Airlines n’avait pas publiquement commenté l’affaire.
Bagage ou fret : une frontière essentielle
L’épisode mérite toutefois d’être remis en perspective : contrairement à ce qu’ont avancé certains premiers récits, il ne s’agissait pas, semble-t-il, de deux valises enregistrées par un voyageur à destination de Kona, sur l’île d’Hawaï, mais d’un envoi commercial d’œuvres d’art à destination de New York, acheminé via Honolulu. La nature exacte du contrat de transport, le statut de l’expédition et les responsabilités respectives des transporteurs seront donc centraux dans la procédure.
Sur le plan aéronautique, le cas illustre la vulnérabilité des transferts au sol. Lors d’une correspondance, les bagages et petits envois passent par des chariots, conteneurs ou zones de tri parfois exposés aux intempéries. Les procédures d’escale prévoient normalement des protections — bâches, conteneurs fermés, acheminement rapide vers les installations couvertes — mais leur mise en œuvre dépend des moyens disponibles, de l’intensité des précipitations et de l’organisation opérationnelle de la plate-forme.
Convention de Montréal : une protection plafonnée
Pour les bagages enregistrés sur un parcours international, la convention de Montréal rend le transporteur responsable lorsqu’un dommage survient pendant que le bagage est sous sa garde, sauf défaut propre à l’objet ou à son emballage. Depuis fin 2024, le plafond ordinaire de responsabilité atteint 1 519 droits de tirage spéciaux, soit environ 2 175 dollars par passager selon les références américaines — très loin de la somme réclamée dans cette affaire. Une déclaration spéciale de valeur, assortie le cas échéant d’un supplément, peut relever ce plafond.

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