Boeing a présenté hier un bénéfice net trimestriel en recul de 51%, mais maintient à la fin de l’année en cours le retour dans les airs de ses 737 MAX. Les premières livraisons du 777X sont officiellement reportées à 2021, et la cadence de production des 787 Dreamliner va ralentir de 14 à 12 exemplaires par mois.

Le chiffre d’affaires au T3 de 19,98 milliards de dollars annoncé le 23 octobre 2019 par le constructeur américain est en recul de 21%, reflétant une baisse des livraisons des 737 « partiellement compensée » par l’augmentation du volume d’activité des divisions Défense et Services ; le bénéfice net recule de 51% à 1,17 milliard de dollars. Un dividende de 1,2 milliard a été versé aux actionnaires. Boeing a généré un cash-flow opérationnel de -2,4 milliards de dollars (la production des MAX se poursuivant sans aucune livraison), même si la trésorerie disponible et les titres négociables « totalisent 10,9 milliards de dollars et assurent une importante liquidité ». A la fin du troisième trimestre sa dette globale était 70% plus élevée qu’à la même période l’année dernière. Pour la seule branche Avions Commerciaux, le chiffre d’affaire recule de 41% à 8,25 milliards de dollars (62 livraisons seulement au T3, contre 190 à la même période l’année dernière), mais la marge ne baisse que de 0,5%.

Ces chiffres globalement attendus ont été éclipsé par les annonces concernant les trois principaux programmes d’avions de ligne de Boeing : la confiance renouvelée pour une remise en service des 737 MAX au cours du quatrième trimestre – dans certaines parties du monde – a fait monter son action jusqu’à +2,6% hier à Wall Street. La cadence de production des monocouloirs remotorisés, cloués au sol depuis les crashes de Lion Air et Ethiopian Airlines qui ont fait 346 morts, devrait repasser de 42 à 57 par mois d’ici la fin 2020. Mais les gros porteurs ont aussi des problèmes. La première livraison des 777X a été officiellement reportée à 2021, comme le prévoyait Emirates Airlines, en raison des retards de livraisons de moteurs suite aux problèmes rencontrés par le GE9X.

Quant au 787 Dreamliner, la cadence de production va ralentir de 14 à 12 exemplaires par mois à la fin de l’année prochaine et pendant deux ans, afin de refléter principalement l’absence de commandes en Chine – liée à la guerre commerciale avec les USA. Boeing avait encore 556 Dreamliner à livrer fin septembre (61 787-8, 337 787-9 et 158 787-10), et veut attendre une reprise des commandes d’avions long-courriers anticipée pour 2022.

Le carnet de commandes total s’élève à 470 milliards de dollars et compte près de 5500 avions commerciaux, rappelait hier Boeing. « Notre première priorité demeure la remise en service en toute sécurité du 737 MAX, et nous accomplissons des progrès réguliers dans ce sens », a déclaré le CEO Dennis Muilenburg. « Nous avons par ailleurs pris plusieurs mesures visant à renforcer nos actions en faveur de la sécurité de nos produits et de nos services. Nous continuerons à honorer les engagements pris vis-à-vis de nos clients et à saisir de nouvelles opportunités en élevant systématiquement nos valeurs de sécurité, de qualité et d’intégrité au premier plan ».

Boeing 737 MAX maintenu, 777X reporté, 787 moins assemblé 1 Air Journal

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