Boeing a obtenu le feu vert du régulateur américain pour entamer une nouvelle étape clé dans la certification de son plus grand 737. Selon le site spécialisé The Air Current, la FAA a autorisé le 737 MAX 10 à passer en « Phase 2 » de ses essais en vol sous supervision réglementaire, une séquence décisive pour un programme déjà largement en retard par rapport à son rival européen.
La Federal Aviation Administration (FAA) a donné, juste avant les fêtes de Noël, son accord pour que Boeing débute la Phase 2 des essais en vol dans le cadre de l’autorisation d’inspection de type (Type Inspection Authorization, TIA) du 737 MAX 10. Cette étape marque le passage d’essais essentiellement internes à une campagne où les vols servent à accumuler des « crédits de certification » directement sous l’œil des inspecteurs de la FAA. Concrètement, la Phase 2 de la TIA introduit une supervision formelle du régulateur, qui vient vérifier la conformité de systèmes critiques et des performances de l’appareil en conditions réelles. Les pilotes et ingénieurs de l’agence peuvent alors participer aux vols, collecter des données et valider que l’avion respecte les exigences de navigabilité applicables.
Le 737 MAX 10, pari tardif face à l’A321neo
Le 737 MAX 10 est la plus grande variante de la famille 737, conçue pour emporter jusqu’à environ 230 passagers selon la configuration choisie par les compagnies. Pour allonger le fuselage sans compromettre les marges au décollage et à l’atterrissage, Boeing a notamment revu le train d’atterrissage principal, avec un système rétractable permettant de gagner quelques précieux centimètres.
Ce modèle se veut la réponse tardive de l’avionneur américain à l’Airbus A321neo, devenu la référence du marché monocouloir sur les segments à forte capacité et moyen-courrier allongé. L’avion a réalisé son premier vol en juin 2021, mais sa certification a depuis accumulé retards et surcoûts, sur fond de pressions commerciales fortes de la part de compagnies qui attendent le MAX 10 pour densifier leurs réseaux.
Retards, exigences renforcées et nouvelles obligations systèmes
La certification du MAX 10, comme celle du plus petit MAX 7, a été reportée à plusieurs reprises, en raison de contraintes techniques et de l’environnement réglementaire beaucoup plus strict qui entoure désormais le programme 737 MAX. Boeing a dû travailler notamment sur la modification du système d’anti-givrage moteur et sur la refonte de certains dispositifs d’alerte et de surveillance, à la suite des exigences issues des réformes votées par le Congrès américain après les deux accidents mortels des MAX 8.
En décembre 2025, la FAA a indiqué qu’elle allait examiner de près le nouveau dispositif d’alerte du cockpit du MAX 10, ainsi que l’ajout d’une fonction de mesure d’angle d’attaque synthétique et de nouvelles logiques pour gérer les alarmes de décrochage ou de survitesse. La loi américaine impose que certaines améliorations de sécurité soient intégrées et déployées dans un délai de trois ans après la certification, ce qui contraint Boeing à proposer un ensemble de modifications applicables à l’ensemble de la famille MAX et non au seul 737‑10.
Un programme scruté de près par la FAA et les compagnies
Dans ce contexte, la FAA répète qu’elle ne se fixera plus de calendrier politique pour la certification des nouveaux modèles, y compris les MAX 7 et MAX 10, et qu’elle avancera « lorsque toutes les exigences seront remplies ». Cette approche prudente intervient alors que l’agence est encore sous le feu des critiques pour son précédent mode de délégation de certification et qu’elle exerce déjà une surveillance renforcée sur les lignes 737 et 787 de Boeing.
Pour les compagnies aériennes, l’entrée en service du MAX 10 est un enjeu de flotte majeur, notamment sur les marchés nord-américain et européen où l’A321neo a pris une avance considérable. Selon les derniers chiffres de carnet de commandes publiés par le constructeur, la version MAX 10 totalise au moins 1 290 commandes fermes nettes, preuve d’une demande soutenue malgré l’incertitude qui plane toujours sur le calendrier exact de certification, désormais envisagée vers la fin 2026.

Pierre Gagnon a commenté :
9 janvier 2026 - 20 h 15 min
Est-ce que la FAA va s’assurer que les fuselages des avions de Boeing sont assez solides en cas d’atterrissages durs ou de sorties de pistes.
On voit souvent des fuselages pliés après des atterrissages durs des Boeing; alors que ça n’arrive que rarement avec les autres compagnies.
Après des sorties de pistes on voit les Boeing brisés à l’avant et à l’arrière de l’aile et que l’on ne ça que très rarement avec les autres compagnies.
Un exemple est arrivé aussi sur les tests de pressurisation du 777 où le fuselage a carrément explosé.
Bonne journée