En pleine relance de son réseau intercontinental et à la veille de son passage sous contrôle majoritaire d’Air France‑KLM, SAS Scandinavian Airlines (SAS) discute avec Airbus et Boeing d’une importante commande de gros‑porteurs. L’objectif : capitaliser sur la forte demande long‑courrier au départ de Copenhague, notamment vers l’Amérique du Nord, le Moyen‑Orient et l’Asie, et sécuriser la prochaine génération de sa flotte.

SAS est engagée dans des discussions avancées avec Boeing et Airbus en vue d’une « grande commande » de gros‑porteurs, a indiqué à Bloomberg son directeur général Anko van der Werff lors d’un entretien à Dubaï. La compagnie scandinave étudie côté Boeing le 787 Dreamliner et le futur 777X, et côté Airbus l’A350 ainsi que l’A330neo. La flotte long‑courrier actuelle de SAS est pourtant entièrement composée d’Airbus, avec des A350 de dernière génération et des A330 plus anciens, ce qui rendrait un éventuel basculement partiel vers Boeing stratégique autant qu’industriel. Sans dévoiler de volume précis, Anko van der Werff a simplement confié qu’il s’agirait d’« une taille suffisante pour, je peux déjà vous le dire, rendre tout le monde très intéressé — motoristes comme avionneurs ».

Un hub de Copenhague recentré sur le long‑courrier

Historiquement, SAS avait structuré son réseau autour de flux transatlantiques connectés à des destinations en Asie, un modèle profondément fragilisé par la fermeture de l’espace aérien russe depuis l’invasion de l’Ukraine. Face à l’allongement des temps de vol vers l’Extrême‑Orient et à la hausse des coûts, la compagnie a accéléré le pivot vers des liaisons directes supplémentaires avec l’Amérique du Nord et des destinations de loisirs en Asie et au Moyen‑Orient.

Pour la saison hiver 2026‑2027, SAS lancera trois nouvelles lignes long‑courrier depuis Copenhague vers Dubaï, Phuket et Krabi, renforçant son positionnement de hub intercontinental pour la Scandinavie et l’Europe du Nord. Selon le programme publié, la compagnie sera même la seule à proposer des vols sans escale entre Copenhague et Phuket ou Krabi, avec une montée en puissance de plus de 75% des capacités vers la Thaïlande par rapport à l’hiver précédent.

Cette stratégie se traduit par une augmentation marquée de la capacité sur plusieurs marchés jugés porteurs. SAS prévoit ainsi d’ajouter 70% de sièges supplémentaires sur Boston, 20% sur San Francisco et 10% sur Chicago, tout en renforçant ses dessertes vers Séoul, Tokyo‑Haneda et Bangkok. L’expansion hivernale sera soutenue par l’arrivée de deux nouveaux Airbus A350, permettant une hausse de 34% des opérations en A350 sur le réseau long‑courrier.

Air France‑KLM en passe de prendre le contrôle de SAS

Sur le plan capitalistique, SAS se trouve à un moment charnière. Air France‑KLM a annoncé en 2025 son intention de porter sa participation dans la compagnie scandinave de 19,9% à 60,5% en rachetant les parts détenues par les investisseurs Castlelake et Lind Invest, tout en laissant à l’État danois une participation de 26,4% et des sièges au conseil d’administration. Ce processus, engagé après la restructuration de SAS sous protection du Chapitre 11 américain en 2023, doit être finalisé au second semestre de cette année, a confirmé Anko van der Werff.

L’arrivée d’Air France‑KLM au capital pourrait par ailleurs favoriser des synergies en matière de flotte et de maintenance, le groupe opérant déjà d’importants parcs d’A350 et de 787, ainsi que des A330 encore en service. La décision de SAS, attendue par les avionneurs et les motoristes, sera un marqueur de la stratégie long‑courrier du futur pôle scandinave au sein d’Air France‑KLM.

SAS ouvre un duel Airbus‑Boeing pour une méga‑commande de gros-porteurs 1 Air Journal

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