Air France-KLM décroche un bénéfice d’exploitation record de plus de 2 milliards d’euros en 2025, porté par la montée en gamme de ses cabines, la bonne tenue du long‑courrier transatlantique et la contribution désormais structurante de Transavia (mais toujours déficitaire). Un jalon historique pour le groupe franco‑néerlandais, qui confirme son retour durable parmi les poids lourds rentables du transport aérien européen.
Air France-KLM bat un record historique en 2025
Air France‑KLM a annoncé pour l’exercice 2025 un résultat d’exploitation courant supérieur à 2 milliards d’euros, une première dans son histoire, pour un chiffre d’affaires d’environ 33 milliards d’euros en hausse proche de 5 % sur un an. La marge opérationnelle ressort à environ 6,1 %, en amélioration par rapport à 2024, même si elle demeure inférieure aux niveaux atteints par certains concurrents européens ou du Golfe.
« Nos compagnies aériennes ont transporté plus de 100 millions de passagers et généré un résultat d’exploitation courant de plus de 2 milliards d’euros – une première dans notre histoire », a déclaré le directeur général Ben Smith dans un communiqué. Ce bénéfice dépasse d’environ 400 millions d’euros celui de 2024 et surpasse nettement les anticipations des analystes, qui tablaient sur quelque 1,88 milliard d’euros selon des données compilées par LSEG.
Premiumisation : le pari de la montée en gamme
Ce record doit beaucoup à la stratégie de montée en gamme engagée depuis plusieurs années sur les cabines Premium Economy, Business et Première, notamment sur le long‑courrier. Air France‑KLM souligne que les cabines premium ont tiré la recette unitaire du réseau passage, avec une progression de plus de 2 % en 2025 et une contribution croissante au chiffre d’affaires, proche de 30 % sur certaines périodes.
Chez Air France, la part des sièges premium progresse mécaniquement au fil des réaménagements de cabines : ces sièges représentent désormais environ 9 % de la flotte, contre 8 % en 2022, et l’objectif est fixé à 10 % à l’horizon 2028. KLM, qui partait de plus loin, a développé rapidement sa cabine Premium Comfort : la proportion de sièges premium est passée de 0 % en 2022 à environ 6 % aujourd’hui, avec une cible autour de 9 % en 2028.
La dynamique transatlantique comme moteur de marge
Le cœur de cette montée en gamme se situe sur l’axe transatlantique, historiquement le plus profitable pour les grandes compagnies européennes. Air France‑KLM met en avant une contribution particulièrement élevée des cabines premium sur l’Atlantique Nord, où la part de ces produits dépasse 40 % des recettes du réseau passage.
Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large, qui voit les compagnies européennes renforcer leurs offres haut de gamme pour capter une clientèle à fort pouvoir d’achat, en particulier américaine. Air France a ainsi dévoilé une nouvelle suite La Première, encore plus spacieuse et exclusive, destinée notamment à la ligne Paris–New York, dans un contexte de boom de la demande premium sur le transatlantique.
Transavia, un pilier low cost en pleine montée en puissance, mais qui perd toujours de l’argent
En parallèle, la low cost Transavia confirme son rôle de moteur de croissance au sein du groupe. En 2025, Transavia a étendu sa flotte d’Airbus A321neo à 14 appareils aux Pays-Bas. Le renouvellement de la flotte de Transavia en France s’est également accéléré avec 22 Airbus A320neo désormais en opération. En 2025, sa capacité mesurée en sièges-kilomètres offerts aura donc augmenté d’environ 11 %, avec un trafic en hausse d’un niveau similaire et un coefficient de remplissage globalement stable. Elle a transporté 26 millions de passagers en hausse de 12,4 %.
Malgré la hausse de capacité, la filiale low cost d’Air France‑KLM affiche un résultat d’exploitation négatif d’environ 49 millions d’euros sur l’exercice 2025, avec une marge opérationnelle d’environ ‑1,4 %, en recul par rapport à 2024. Transavia dégage en revanche un bénéfice sur la haute saison : au troisième trimestre 2025, son résultat d’exploitation atteint environ 217 millions d’euros, mais cela ne suffit pas à compenser les pertes enregistrées sur le reste de l’année. « Aux Pays-Bas Transavia se retrouve face à une concurrence accrue, en partie liée à la réallocation de capacité initialement prévue sur le Moyen-Orient vers d’autres destinations européennes, mettant les recettes unitaires sous pression. Par ailleurs, la hausse des redevances aéroportuaires à Schiphol, combinée à celle de la taxe sur les billets d’avion l’année précédente, entraînant des prix plus élevés, a incité certains voyageurs à se tourner vers des aéroports en Allemagne », souligne le groupe dans son communiqué.
Le groupe prévoit de poursuivre l’expansion de Transavia en 2026, avec une croissance de capacité d’environ 10 % et un rôle renforcé dans la desserte des marchés loisirs et du sud de l’Europe.
Coûts sous contrôle, carburant en baisse mais charges en hausse
Le bond du résultat d’exploitation tient aussi à un environnement carburant plus favorable en 2025. Air France‑KLM indique que la facture de kérosène, après prise en compte des couvertures, a reculé d’environ 10 à 11 % sur l’année, contribuant directement à l’amélioration du résultat. Pour autant, le groupe doit composer avec des coûts en hausse, notamment les redevances aéroportuaires et de navigation aérienne, particulièrement marquées à Amsterdam‑Schiphol où les tarifs ont fortement augmenté ces dernières années. La discipline sur les coûts unitaires reste donc un enjeu central, l’objectif étant de limiter leur progression à une fourchette comprise entre 0 % et +2 % en 2026, malgré l’inflation et les renégociations salariales.
Capacité en hausse modérée et modernisation de la flotte
Pour 2026, le groupe prévoit d’augmenter sa capacité globale de 3 % à 5 % par rapport à 2025, toutes marques confondues, en grande partie grâce à l’arrivée de nouveaux appareils plus sobres. La croissance sera particulièrement marquée sur Transavia, mais aussi sur le long‑courrier d’Air France‑KLM, avec une hausse d’environ 4 % sur ces lignes, de façon ciblée sur les marchés les plus rémunérateurs.
Cette montée en capacité s’accompagne d’un effort d’investissement soutenu dans le renouvellement de la flotte, avec des dépenses d’investissement attendues autour de 3 milliards d’euros en 2026, principalement consacrés aux avions de nouvelle génération et aux réaménagements de cabines. Au‑delà de la performance économique, ces appareils plus récents doivent aussi permettre de réduire l’empreinte carbone par passager, un élément devenu structurant dans le positionnement des grandes compagnies européennes.
Maintenance
L’activité maintenance d’Air France-KLM a signé une année 2025 particulièrement dynamique, avec une croissance à deux chiffres et une nette amélioration de sa rentabilité. Le chiffre d’affaires total d’AFI KLM E&M progresse ainsi de 9,5 % sur l’année, à 5,57 milliards d’euros, tiré par la hausse de 10,6 % des revenus externes, à 2,307 milliards d’euros, malgré des perturbations persistantes de la chaîne d’approvisionnement et une inflation du coût des composants. Le résultat opérationnel progresse de 97 millions d’euros sur l’exercice pour atteindre 267 millions d’euros, et la marge opérationnelle gagne 1,5 point, à 4,8 %.
Une rentabilité en progrès, mais encore en rattrapage
Avec une marge opérationnelle d’environ 6,1 % en 2025, Air France‑KLM franchit un cap important, mais reste en phase de rattrapage vis‑à‑vis des meilleurs standards sectoriels. Le groupe vise une marge supérieure à 8 % d’ici 2028, grâce à la poursuite de la premiumisation, au développement de Transavia et à la réduction progressive de son endettement.
Dans un paysage européen toujours marqué par la montée en puissance des low cost et par des coûts sociaux et environnementaux croissants, la trajectoire d’Air France‑KLM illustre l’arbitrage stratégique entre volume et densité de revenus. Le pari assumé est désormais clair : moins de croissance « à tout prix », davantage de valeur par siège, via une offre montée en gamme sur le long‑courrier et un outil low cost optimisé sur le moyen‑courrier.

Serge13 a commenté :
19 février 2026 - 16 h 18 min
Superbes résultats. Bravo
Anna Stazzi a commenté :
19 février 2026 - 16 h 42 min
+ 1
🥇👏🏻
Bénéfices 2025 a commenté :
19 février 2026 - 16 h 45 min
Certainement que la nouvelle flotte d’une quarantaine d’A350 moins gourmande en kérosène contribue à ce résultat.
Julianho7 a commenté :
19 février 2026 - 16 h 51 min
Il y a du progrès mais ça reste très moyen…en economy en LC chez Air France les repas sont dégueulasses et les proportions sont ridicules et les couverts en bois c’est vraiment pas agréable…la flotte moyen courrier avec les A220-300 qui remplacent les A318/319 ok mais pour les vieux A320/A321 c’est pour quand sérieux? ce n’ est pas la version 500 de l’A220 qui fera l’affaire…je ne comprends pas pourquoi la compagnie n’a toujours pas commander des A320/321NEO surtout pour une compagnie comme Air Francebqui est toujours à la traîne sachant que le calendrier des livraisons est saturé. Transavia France pour le renouvellement c’est top avec les A320Neo et je ne sais pas si la commande des A321Neo sera que pour Transavia Hollande.
Idem pour les LC ou les B777-300ER car pour le moment c’est que de l’A350-900 qui remplacent les vieux B777-200ER et A330-200 mais Air France a besoin de l’A350-1000 ou B777-9 niveau taille.
Hâte de savoir…
AMC a commenté :
19 février 2026 - 17 h 01 min
Maintenant qu’il y’a un super record de bénéfice j’espère que la juste rétribution de ces efforts sera accordé aux salariés. Car ce résultat n’est que la démonstration de l’implication des salariés
Ben Smith a déclaré : a commenté :
19 février 2026 - 17 h 21 min
Ben Smith vient de déclarer que AFKLM va s’occuper plutôt « plus tôt que plus tard » ( rather sooner than later, dans sa phrase en anglais…) du remplacement des 59 B777-300ER exploités par le groupe ( AF+KLM), et qu’il existait deux options, sans précisions sur ces options , mais on peut penser qu’il s’agit des A350-1000 voire 1100 s’il voit le jour, et les B777X…
Il précise que AFKLM doit se décider assez vite « compte tenu des carnets de commandes très chargés chez les constructeurs,ce qui augmente les délais de livraisons. En clair, AFKLM n’est pas pressé de les recevoir, mais doit les commander vite pour s’assurer de livraisons aux moments qui conviendront au groupe.
Ben Smith a toutefois donné une information important: les remplaçants des 777-300 ER devront participer « à la rationalisation de la flotte »: ce qui devrait a priori favoriser Airbus puisque le groupe aura les A350-900 et -1000 en exploitation, et pénaliser Boeing puisqu’au moment de la sortir de flotte des 777-300, AFKLM n’aura plus alors en flotte que des 787-900…
A suivre…