China Southern Airlines a achevé fin mai le tout premier C‑check de C919, une visite de maintenance lourde de trois semaines mobilisant quelque 6 000 heures de travail et des inspections “point par point”, certaines pièces étant déposées du fuselage pour être testées en atelier.
Ces contrôles périodiques de type C, réalisés après plusieurs milliers d’heures ou cycles, sont suivis de près par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), qui mène en parallèle ses propres vols d’essai et analyses de conformité pour décider de l’accès de l’appareil au marché européen. COMAC, qui compte aujourd’hui un peu moins de quarante C919 en exploitation commerciale en Chine, joue ainsi une part essentielle de sa stratégie de montée en gamme industrielle et de conquête de nouveaux marchés.
Un “check C” structurant pour la carrière du C919
Premier moyen‑courrier de conception chinoise certifié et exploité en ligne régulière, le C919 est entré en service commercial en mai 2023, ouvrant une nouvelle étape pour l’aviation civile du pays. Selon COMAC, l’appareil a déjà transporté plus de 5 millions de passagers sur des vols intérieurs reliant 23 villes chinoises, essentiellement au sein des réseaux de China Eastern, Air China et China Southern. La flotte opérationnelle atteindrait désormais 37 exemplaires – 16 pour China Eastern, 11 pour Air China et 10 pour China Southern – auxquels s’ajoute un 38ᵉ appareil dévolu aux missions de démonstration et d’essai.
Dans la hiérarchie classique de la maintenance “A, B, C, D”, partagée par les autorités chinoises et occidentales, le C‑check représente la deuxième étape la plus lourde après la visite D, avec un périmètre qui dépasse largement la simple inspection périodique de routine. Ce contrôle intervient en général tous les 18 à 24 mois, ou après 4 000 à 6 000 heures ou cycles de vol, et consiste en un audit systématique de la cellule, des systèmes et de la documentation, permettant d’évaluer la durabilité à long terme de l’avion. Dans le cas du C919, les premiers exemplaires livrés à China Eastern, Air China et China Southern ont désormais atteint ce seuil, ouvrant une séquence d’immobilisations progressives de la flotte.
Trois semaines, 6 000 heures pour le premier C‑check
China Southern Airlines a indiqué avoir conduit le premier C‑check de C919 sur l’un de ses appareils fin mai, sur une période de trois semaines qui a mobilisé environ 6 000 heures de travail au sol. Selon le communiqué de la compagnie cité par la presse chinoise, l’avion a fait l’objet d’inspections “point par point”, certaines pièces structurelles ou de systèmes étant démontées du fuselage pour être testées ou remplacées après expertise.
Les directives de l’Administration de l’aviation civile de Chine (CAAC) mettent l’accent, dans ce type de visite, sur les moteurs, les commandes de vol, l’avionique, les circuits hydrauliques et le train d’atterrissage, autant de systèmes critiques pour la sécurité des vols. Un spécialiste de la maintenance aéronautique basé à Shanghai, cité par le South China Morning Post, résume l’enjeu en expliquant qu’il s’agit d’« un bilan de santé après trois ans d’exploitation, les compagnies devant suivre des procédures standardisées », ajoutant que « la vitesse à laquelle certaines pièces se sont usées peut être un indicateur de la qualité de fabrication du premier lot de C919 livrés ». « Les premiers C‑checks d’un appareil jeune comme le C919 offrent des informations précieuses sur la sécurité et les performances, qui peuvent aussi orienter les futures améliorations de conception et de production », ajoute-il.
L’EASA en embuscade sur la certification
Ces opérations de maintenance majeures interviennent alors que l’ EASA poursuit sa propre évaluation du C919, dans le cadre d’un processus de validation croisée avec la CAAC entamé de longue date. Dès 2024, puis à nouveau à l’automne 2025, l’agence européenne a mené à Shanghai des vols de vérification avec ses propres pilotes d’essai, afin d’examiner le comportement de l’appareil dans des configurations dégradées, en conditions météo difficiles ou lors de manœuvres extrêmes, conformément à la troisième étape – dite de “démonstration de conformité” – de sa méthodologie de certification.
EASA a confirmé en janvier 2026 avoir conduit une première série de vols de validation à bord du C919 à Shanghai, soulignant qu’il s’agissait d’une étape importante mais non définitive du parcours vers une éventuelle certification européenne. L’EASA a malgré tout déjà averti de longueur du processus de certification, qui pourrait, compte tenu de l’ampleur des vérifications requises pour un nouvel appareil hors du duopole traditionnel, intervenir seulement « d’ici trois à six ans ».
Dans ce contexte, les résultats des premiers C‑checks menés en Chine revêtent une importance particulière pour les autorités européennes, qui auront accès aux rapports et aux données de maintenance transmis par la CAAC, COMAC et les opérateurs. Un déroulement fluide des C‑checks, sans découverte de défauts majeurs, conforterait l’argumentaire de COMAC sur la maturité de son appareil et sur sa capacité à tenir dans la durée, y compris sur des profils d’utilisation intensifs typiques des réseaux domestiques chinois.
Un challenger encore cantonné au marché intérieur
Pour l’heure, le C919 opère exclusivement sur le marché intérieur chinois, même si China Eastern a déjà annoncé l’utilisation du type sur des liaisons vers Hong Kong, première ouverture au‑delà du continent. L’appareil, équipé des moteurs Leap‑1C, développé par CFM International, coentreprise entre l’américain GE Aerospace et le français Safran, est positionné par COMAC comme un concurrent direct des familles Airbus A320neo et Boeing 737 MAX, sur un segment des monocouloirs où la demande mondiale se chiffre en milliers d’unités sur les deux prochaines décennies. Les trois majors chinoises ont chacune commandé ou réservé jusqu’à une centaine d’exemplaires, tandis que des accords de principe ont été annoncés avec d’autres transporteurs domestiques et des loueurs, même si la montée en cadence de la production demeure progressive.
Selon des informations de presse spécialisée, COMAC a ajusté à la baisse ses objectifs de livraisons pour 2025, passant d’une cible initiale de 75 appareils à environ 25, en raison de contraintes industrielles et de la nécessité de stabiliser la chaîne de production et de fournisseurs. Pour 2026, les trois grandes compagnies publiques chinoises anticiperaient ensemble la réception d’une trentaine de C919 supplémentaires, ce qui ferait du type une composante de plus en plus visible de leurs flottes moyen‑courriers, sans toutefois menacer à court terme la domination des monocouloirs occidentaux.

Kicker a commenté :
16 juin 2026 - 17 h 08 min
Au début 6 ans, A320 a eu 6 crashs, malgré la certification,
Depuis 6 ans de vol, C919 n’a aucun crash.
DD-Bergeron a commenté :
16 juin 2026 - 17 h 26 min
Le station orbitale chinoise n’a pas eu besoin de la certification européenne, elle tourne depuis des années avec des équipages à bord et sans problème critique. Les chinois savent développer des matériels de haute technologie qui fonctionnent aussi bien que les matériels européens ou américains, va falloir se calmer sur la qualité et la fiabilité des produits chinois et s’occuper de faire aussi bien et moins cher, un défi pour les européens ou les occidentaux.
Flyer2 a commenté :
16 juin 2026 - 21 h 24 min
Votre comparaison n’a aucun sens.
1/ a320 produit et en vol 3 ans: 132 6ans 330
C919 34 en vol au bout de 3 ans
2/ les moteurs des c919 sont éprouvés et occidentaux
Les c919 ne partent pas d’une page blanche contrairement à ce que vous affirmez en comparant.
Ils profitent des précédentes expériences et encore plus niveau moteur.
De plus il n y a aucune innovations les technologies utilisés et les matériaux sont déjà éprouvés.
Et le volume de c9191 produit et en vol au même point de comparaison sont largement inférieur pour le c919.
Donc de toute façon les probabilités mathématiques pures sont beaucoup plus basses.
Comme pour le Max, attendons un temps de comparaison plus long et plus probant pour crier victoire trop vite.
Kicker a commenté :
18 juin 2026 - 12 h 23 min
Les crashs de A320 et B737 ne sont pas tout à cause de moteur,
Par proportion et durée, les deux avions occidentaux ont eu beaucoup de crashs, aucun sur le C919.
devinette a commenté :
16 juin 2026 - 22 h 51 min
Que trouve t on dans chaque village ?
Petite aide : il s agit d un dicton
@ Kicker a commenté :
17 juin 2026 - 8 h 34 min
Merci aux européens et américains qui fournissent une grosse partie des éléments.
De plus quel est le rapport entre des crashes et une certification ?
Aucun.
D’ailleurs l’A320 n’a jamais eu la moindre interdiction de vol en Chine. Au contraire, non seulement la Chine en achète des milliers mais aussi elle en produit chez elle.
Penser que la Chine – pays ROI de la contrefaçon, des articles défectueux, de mauvaise qualité et (ayant même parfois de fausses estampilles de normes occidentales) qui inondent les marchés mondiaux- fait TOUJOURS tout bien est une erreur monumentale.
Pour le C919, tout n’est pas parfait, l’avion est très lourd et ses performances sont très inférieures au MAX, et aux 220-320.
De plus si l’EASA venait à trouver éventuellement quelques éléments à corriger, la Chine les corrigera et dira MERCI.
En 2023, tout l’équipage d’un sous marin est décédé suite à une défaillance.
En 2024, un sous marin a propulsion nucléaire à sombré..
Dans les deux cas, la Chine a fait preuve de dissimulation.
Cela dit, les Chinois ont quand même un peu plus de sérieux quand il s’agit de construire un avion.
Je n’ai pas de doute, le C919 devrait être certifié.
Leur regret est lié au temps long de cette certification alors que le marché est lui au contraire au temps immédiat.
Les Chinois sont connus pour leur patience alors qu’il démontrent une fois de plus leur réputation.
hoblar a commenté :
16 juin 2026 - 18 h 21 min
Nul doute que cet avion sera un jour certifié par l’EASA.
Ben Voyons a commenté :
17 juin 2026 - 13 h 23 min
Le début de la fin du duopole Boeing-Airbus. On peut en sourire, ironiser ou balayer l’idée d’un revers de main. Ce serait une erreur.
La montée en puissance des industriels chinois mérite d’être prise très au sérieux. Leur capacité d’investissement, leur vision stratégique et leur détermination pourraient créer une véritable surprise. Si ce n’est pas dans cinq ans, ce sera dans dix — et, à l’échelle industrielle, c’est un délai extrêmement court.
Pendant ce temps, l’Occident s’inflige une double contrainte. D’un côté, un coût du travail exhorbitant pour financer un modèle social en faillite et supporter le coût délirant d’une immigration pénalisante. De l’autre, un environnement de plus en plus contraignant, marqué par l’accumulation de normes, de processus et de réglementations, issues de l’Union européenne, qui freinent concrètement l’innovation et la croissance.
À cela s’ajoute une pression idéologico-écologico-bobo-gaucho qui, sous couvert d’”écologie”, entrave la création de richesse plutôt qu’à l’accompagner intelligemment.
Au final, la menace ne vient pas uniquement de l’extérieur. Elle est aussi interne, diffuse, et tout aussi pénalisante. Ignorer cette réalité serait une faute stratégique. Il serait temps qu’on se réveille avant qu’il ne soit trop tard.
@ Ben voyons a commenté :
17 juin 2026 - 16 h 53 min
D’un côté vous critiquez les gauchos et d’un autre vous mettez sur un piédestal un régime communiste…
Cherchez l’erreur…
Ou alors allez vivre là-bas…
L’industrie aéronautique chinoise est TRÈS dépendante.
Comme vous le savez les moteurs sont franco-USA (Trump avait bloqué pendant un temps leur vente à la Chine) et d’autres éléments également ne sont pas chinois.
Le Comac est le monocouloir le moins performant du marché.
De plus Airbus est très bien implanté en Chine donc quand vous partez des coûts, vous oubliez ce point important.
Enfin, le marché chinois et asiatique dont TRÈS porteurs et les Chinois sont incapables de répondre à cette demande immense.
La famille A320 neo est actuellement la plus performante du marché.
Mais Airbus travaille sur une nouvelle génération d’avion, donc ce qui fera la différence, c’est l’avance technologique et l’innovation et non pas votre incantation et lythanie pétries de pessimiste et de défaitisme.
niet a commenté :
19 juin 2026 - 0 h 47 min
Pauvre naïf… le vrai “gogo” de base… affligeant de bétises qui n’a strictement rien compris et confond tout.
Ibrahim a commenté :
17 juin 2026 - 14 h 32 min
Sublime pour Air Algérie qui va détrôner en même temps la RAM et Ethiopian