Ethiopian Airlines examine une nouvelle commande d’avions monocouloirs d’envergure, pour laquelle Airbus, Boeing et Embraer sont tous en lice, avec une décision attendue d’ici quelques semaines selon l’encadrement de la compagnie.
Un appel d’offres serré pour 25 monocouloirs
Selon l’agence Bloomberg, Ethiopian Airlines étudie une commande d’environ 25 avions monocouloirs, assortie d’options pour une dizaine d’unités supplémentaires, mettant en concurrence Boeing, Airbus et Embraer sur le segment des appareils de capacité intermédiaire. La compagnie évalue en particulier la plus petite version de la famille 737 MAX – le 737‑7 encore en attente de certification ou le 737‑8 – face à l’Airbus A220 et aux biréacteurs régionaux de la famille Embraer E2.
Le directeur commercial (CCO) d’Ethiopian Airlines, Lemma Yadecha, a confirmé à la presse que la décision pourrait intervenir « dans les prochaines semaines », laissant ouverte la possibilité d’une annonce dès le salon de Farnborough si les discussions aboutissent à temps. « Nous évaluons plusieurs options pour renforcer notre flotte régionale et court-courrier », a‑t‑il déclaré, sans préciser de préférence, au lendemain de l’inauguration d’une nouvelle liaison vers l’île Maurice.
Airbus A220, Boeing 737 MAX et Embraer E2 en lice
Pour Airbus, l’A220 serait le candidat naturel, d’autant qu’en mai 2026 Ethiopian était déjà donnée en négociations avancées pour environ vingt exemplaires supplémentaires de ce monocouloir de 100 à 150 sièges, particulièrement adapté aux marchés africains et secondaires. L’appareil offrirait à la compagnie une ouverture vers des routes fines, avec une consommation de carburant réduite et une cabine perçue comme plus confortable par les passagers.
Boeing ne part pas de zéro : Ethiopian exploite déjà une importante flotte de Boeing 737 NG et MAX, avec un carnet de commandes qui devait porter le nombre de 737 MAX à environ 50 exemplaires à l’horizon 2030, après l’annonce de Dubaï en 2023. Après le drame du vol ET302 en 2019, la compagnie a progressivement réaffirmé sa confiance dans le programme, en commandant 20 737 MAX supplémentaires et 11 787‑9 lors du salon de Dubaï, faisant de cette commande « le plus important achat d’avions Boeing de l’histoire de l’Afrique ».
Embraer, enfin, tente de se faire une place avec la famille E2 (E190‑E2 et E195‑E2), positionnée sur un créneau légèrement inférieur à celui des A320 et 737 mais pouvant répondre aux besoins de densités intermédiaires sur le réseau africain. Le PDG Mesfin Tasew avait déjà confirmé en 2025 « évaluer » ces appareils, aux côtés de l’A220 et du 737 MAX 7, pour étoffer la flotte régionale d’Ethiopian.
Une stratégie de hub africain renforcée
Cette nouvelle commande s’inscrit dans le plan d’Ethiopian Airlines visant à devenir l’un des vingt plus grands groupes aériens mondiaux à l’horizon 2035, avec un réseau déjà fort de plus de 145 destinations internationales. Le transporteur multiplie les investissements dans sa flotte et ses infrastructures, notamment via un projet de nouvel aéroport international à Bishoftu, près d’Addis-Abeba, évalué à 12,5 milliards de dollars et comprenant quatre pistes, dont le chantier a débuté début 2026.
Le renforcement du moyen-courrier est complémentaire des nombreuses commandes de long-courriers déjà annoncées : neuf Boeing 787‑9 supplémentaires en janvier 2026, six A350‑900 fermes et plusieurs 777‑9 en 2023, ainsi qu’un accord de principe pour des 777‑8 Freighter. Cette diversification entre Boeing et Airbus sur le long-courrier pourrait peser dans la balance pour le choix des monocouloirs, la compagnie cherchant à optimiser ses coûts de maintenance, de formation et de support industriel.
Un volet cargo en parallèle
En parallèle du dossier monocouloirs, Lemma Yadecha a indiqué qu’Ethiopian Airlines approchait d’une décision concernant l’achat potentiel de 16 avions cargo supplémentaires, assortis d’options pour huit autres, afin de renforcer encore son rôle de hub cargo africain. La compagnie exploite déjà une flotte cargo substantielle, incluant des Boeing 777F et des conversions, et a signé un protocole d’accord pour des 777‑8 Freighter, « afin de soutenir la croissance de son réseau fret mondial ».

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