L’avionnneur chinois COMAC accélère le développement de son futur long-courrier C929, appelé à concurrencer les Boeing 787 et Airbus A330neo sur le segment des gros-porteurs de nouvelle génération. Le constructeur chinois, soutenu de près par son régulateur, espère tenir – voire avancer – son calendrier, dans un contexte de volonté affichée de réduire la dépendance du pays aux avions occidentaux.
Selon le South China Morning Post, le programme C929 est entré dans une phase de conception et d’essais « relancée » avec des moyens supplémentaires et une mobilisation accrue des partenaires industriels. Selon les estimations de mars 2024, le tronçon central doit être livré en septembre 2027. L’objectif affiché est de pouvoir présenter l’appareil dans les délais prévus, voire plus tôt que les premières estimations, alors que la Chine cherche à s’imposer comme troisième pôle face au duopole Airbus–Boeing.
La Civil Aviation Administration of China (CAAC) s’implique de manière inhabituelle en amont, avec des équipes dédiées qui évaluent les choix de conception, formulent des retours et anticipent certains volets de certification. « Des essais préliminaires en soufflerie ont démarré ces derniers mois », indique une source citée par le quotidien hongkongais, y voyant « une étape précoce majeure dans la collaboration entre le régulateur et COMAC ».
Un gros-porteur dans la catégorie des 787 et A330neo
Le C929 est pensé comme un biréacteur long-courrier d’environ 250 à 320 sièges selon les configurations, avec une version centrale autour de 280 passagers, positionné face aux familles Boeing 787 et Airbus A330neo, et jusqu’à l’A350 sur certaines variantes long-courriers. COMAC a évoqué un rayon d’action d’environ 12 000 km, ce qui placerait l’appareil sur le segment des liaisons intercontinentales type Shanghai–Europe ou côte Ouest américaine.
Le programme, initialement mené en coopération sino-russe sous l’appellation CR929, a basculé vers un projet entièrement chinois après le retrait progressif du partenaire russe United Aircraft Corporation sur fond de tensions politiques et de sanctions. Cette reprise en main complète par COMAC accentue l’enjeu stratégique du C929, devenu vitrine de l’ambition chinoise dans le long-courrier civil.
Air China en ligne de mire comme compagnie de lancement
Air China est pressentie comme futur opérateur de lancement du C929, un choix logique pour un programme soutenu par l’État et destiné d’abord au marché intérieur et régional asiatique. La compagnie basée à Pékin constituerait une tête de pont pour déployer l’appareil sur les grands axes domestiques densément fréquentés, avant une montée en puissance vers les liaisons internationales.
Dans un premier temps, le C929 devrait cibler les besoins de la Chine et de ses voisins, où la croissance du trafic et la volonté de diversification par rapport aux flottes Airbus et Boeing ouvrent une fenêtre d’opportunité pour un nouveau gros-porteur. La question de l’acceptation du type par les régulateurs occidentaux (EASA, FAA) reste cependant soulevée par de nombreux analystes, au regard des expériences encore limitées de COMAC en matière de certification internationale.
Un partenariat clé pour l’avionique avec Aviage Systems
Sur le plan systèmes, COMAC a récemment signé une lettre d’intention avec Aviage Systems portant sur le système central de traitement avionique du C929. Aviage est une coentreprise détenue à parts égales par General Electric et l’industriel chinois AVIC (Aviation Industry Corporation of China), déjà sélectionnée pour fournir l’architecture avionique centrale du C919. Ce cœur électronique doit héberger la plupart des fonctions critiques de l’appareil – gestion de vol, affichage, maintenance embarquée – dans une architecture modulaire ouverte.
Ce choix illustre la continuité avec le C919, où Aviage s’est positionné comme partenaire d’intégration avionique de référence. Il souligne aussi un équilibre délicat : s’appuyer encore sur des briques technologiques issues de groupes occidentaux tout en cherchant, à terme, à réduire la dépendance aux sanctions et aux contrôles d’exportation.

Bencello a commenté :
11 février 2026 - 15 h 08 min
L’enjeu principal réside dans le choix du moteur, entre un fournisseur occidental ou un chinois (AECC).
Le C919 comptait 74 fournisseurs occidentaux contre 16 chinois.
Nul doute que les proportions changeront sensiblement pour cet appareil…
Tilo a commenté :
11 février 2026 - 15 h 22 min
Un avion qui sera obsolète au moment où Airbus et Boeing lanceront leur versions améliorés de l’a330neo et du 787. Airbus pourrait lancé un a330neo1000 et Boeing un 787X-11.
Thomas E. a commenté :
11 février 2026 - 17 h 44 min
Et cette version améliorée de l’Airbus sera baptisée A330 Max bien entendu…
Car le C929 n’arrivera pas, en effet, avant la première moitié de la prochaine décennie (si le calendrier ne glisse pas). Airbus sera alors en plein travail de renouvellement de sa gamme d’avion pour l’horizon 2040, avec des nouvelles cellules pour remplacer A320 / A330 et une version Neo de l’A350.
hoblar a commenté :
11 février 2026 - 22 h 28 min
Quelles compagnies vont acheter des a330neo1000 et Boeing un 787X-11 à prix fort s’ils peuvent avoir du C929 moins cher avec une cabine ni moche ni bling ni bling qui vous transporter du point A au point B même sans des réacteurs révolutionnaires ? Les Comac saura se vendront sur les marchés asiatiques,sud americains,africains dans un 1er temps, pas besoin de percer en Europe, USA, Canada.
Commetoujours a commenté :
11 février 2026 - 17 h 59 min
comme avec les voitures avant nous rigolons et maintenant il nous devance
Tilo a commenté :
11 février 2026 - 20 h 34 min
Sauf que dans l’automobile lorsque les chinois se sont lancés ils n’avaient pas 5 ans de retard technologique sur les allemands,les italiens,les français et les états unis ils sont arrivés bien rodés , l’aéronautique c’est pas comme l’automobile c’est plus complexe Airbus à mis combien de temps pour être au niveau de Boeing et les dépassés ? Ça à pris énormément de temps plus de 20 ans avant qu’ils puissent vraiment rivaliser avec eux donc Comac ne va pas venir comme et rivaliser avec le duopole Airbus/Boeing avec ses c919 et c929 ça sera peut-être à leurs prochaine génération d’avions.
lomnava a commenté :
12 février 2026 - 10 h 06 min
les technologies d’aujourd’hui ne sont plus celles d’il y a 50-40 ans ! ce qui a pris 10-20ans pour être développé hier peut se faire avec quelques années de moins aujourd’hui ou demain.
Ne faites l’autruche. Comac va monter en cadence et va prendre des parts de marché dans certaines régions du monde !
Avec quel moteur ? a commenté :
11 février 2026 - 20 h 57 min
Devancer….
N’exagérons rien…
Surtout pour un avion virtuel qui n’exite que sur le papier.
Et la Chine ne dispose pas , de plus, d’un élément essentiel : un moteur.
J’ai passé quelques jours a Shanghaï en janvier et je sais pertinemment que les Chinois ont pris de l’avance dans bien des domaines, notamment dans tout ce qui est numérique.
La Chine est experte dans l’espionnage pour rattraper leur retard dans certains domaines…
https://www.franceinfo.fr/societe/armee-securite-defense/aeronautique-une-ressortissante-chinoise-accusee-d-espionnage_7419658.html
DD-Bergeron a commenté :
12 février 2026 - 4 h 45 min
En matière d’espionnage, les champions olympiques, toutes catégories confondues, restent les agents des Etats-Unis d’Amérique du Nord. Demandons aux dirigeants du continent européen, Russie exclue, ce qu’ils en pensent et cette place sur le haut du podium semble inaccessible aux agents chinois, pour le moment!
RKDC10 a commenté :
12 février 2026 - 10 h 03 min
pourquoi tjrs mettre en avant cette histoire de moteur qd on parle de Comac ? les premiers airbus n’avaient ils pas des réacteurs américains ?
Bencello a commenté :
12 février 2026 - 15 h 49 min
Parce que précisément Comac a souffert du blocage américain de fourniture des moteurs pour le C919. Les américains ne se gèneront pas pour renouveler ces sanctions.
Est-ce que AECC va réussir a concevoir un moteur performant pour la souveraineté du pays ?
Anna Stazzi a commenté :
12 février 2026 - 5 h 52 min
J’aime bien le racisme patent et éhonté de certains commentaires.
« Ce sera bien pour l’Afrique, l’AmLat, l’Asie du Sud »
Nous autres, Occidentaux dûment civilisés, échapperons naturellement au camion chinetoque grâce à Boeing et Airbus.
La Chine construira bel et bien son camion.
En affaires, ce n’est pas le premier tir qui compte mais le second.
Ça laisse un peu de marge aux Européens et US pour renforcer et surtout maintenir leur avance.
Un exemple peut nous conforter: Volvo qui reprend sa production en Belgique (sf erreur) après l’avoir délocalisée en Chine, et liquide les modèles fabriqués en Chine.
Un second exemple vient de Mini(groupe BMW) qui ne parvient pas à caser les modèles faits en Chine.
Il ne s’agit que de voitures.
À vue, les Occidentaux ont vingt ans pour se préparer.
RKDC10 a commenté :
12 février 2026 - 13 h 12 min
Où voit-on du racisme ?
COMAC aura effectivement beaucoup de mal à vendre le C919 en Europe, aux États-Unis ou au Canada dans les années qui viennent, principalement à cause de l’absence de certification EASA/FAA, de doutes sur la fiabilité à grande échelle et du protectionnisme (géopolitique et réglementaire).
En revanche, ces barrières seront absentes ou bien moindres en Afrique, en Amérique du Sud, au Moyen-Orient ou dans certaines parties de l’Asie.
Constater cette différence de marchés est-ce du racisme ? Pour ma part, je n’y vois qu’une analyse assez prosaïque de la réalité commerciale actuelle.
Anna Stazzi a commenté :
12 février 2026 - 16 h 59 min
Merci, mais je sais différencier les marchés.
Étonnant que vous ne déceliez pas ce racisme rampant ds la société, au point qu’il en soit devenu quotidien et invisible.
Je ne parle pas de besoins qui diffèrent d’un pays à l’autre, mais de la déconsidération des besoins d’un tiers.
RKDC10 a commenté :
13 février 2026 - 22 h 23 min
si ce vous dites est vrai, alors ce n’est pas la société qu’il faut s’en prendre, mais à ce pour qui vous votez depuis des lustres car c’est eux (à) qui ont le pouvoir de faire ou de ne pas faire !
Skipper a commenté :
12 février 2026 - 6 h 03 min
Espionnage, certainement, mais regardez le fiasco du TU144 . Le C929 sera une mauvaise copie…Comme le C919…En effet l’expertise met des décennies à s’acquérir. Il y aura une mauvaise fiabilité et un service après-vente nul. (Voir C919) Mais les Chinois en achèteront ! Ils sont forcés !
hoblar a commenté :
12 février 2026 - 11 h 41 min
en entendu le même discours de la part de certains de l’autre côté de l’Atlantique au début de Airbus ! 50 ans plutard ils doivent regretter avoir tenu ce discours, sous estimé Airbus ! au fait nul ne peut prédire le lendemain !