L’avionneur américain Boeing a révélé début mars l’existence de défauts de câblage sur un groupe de 737 MAX encore non livrés, impliquant des travaux de reprise et des retards à court terme dans ses livraisons de monocouloirs. Le constructeur américain, qui sort pourtant d’un mois de février marqué par 51 livraisons – son meilleur score pour ce mois depuis 2018 – assure que les appareils en service « peuvent continuer à voler en toute sécurité » et maintient son objectif d’environ 500 737 livrés cette année.
« Notre programme 737 est en train d’effectuer des travaux sur un groupe d’avions pour réparer des fils qui présentent de petites rayures dues à une erreur d’usinage », a déclaré Boeing, en soulignant que ces reprises visent à garantir que les appareils « répondent à nos standards de qualité avant la livraison ». Le groupe ne précise ni le nombre exact d’avions concernés ni la zone du câblage incriminée, mais assure que les corrections peuvent être réalisées en quelques jours par appareil, selon des éléments relayés par la presse américaine. Sur le plan réglementaire, Boeing affirme avoir informé la Federal Aviation Administration (FAA) ainsi que ses clients dès la découverte du défaut. L’autorité américaine n’a pas détaillé publiquement son analyse du problème de rayures, mais a, fin février, publié par ailleurs une consigne urgente sur un autre sujet de câblage pouvant entraîner une surchauffe de cabine sur certains 737 MAX, nécessitant une mise à jour des procédures dans les manuels de vol.
Boeing promet une sécurité intacte des 737 MAX en service
Boeing insiste sur le fait que ce nouveau défaut ne remet pas en cause la sécurité de la flotte déjà en exploitation. « Tous les avions 737 MAX en service peuvent continuer à fonctionner en toute sécurité », affirme le constructeur, qui met en avant une analyse d’ingénierie concluant que « les petites rayures ne présentent pas de problème immédiat de sécurité des vols ». Le groupe ajoute qu’en cas de besoin, des instructions spécifiques seraient transmises aux compagnies via son processus habituel de bulletins de service. À ce stade, le problème est présenté comme limité à des avions en bout de chaîne, ce qui permet à Boeing d’éviter d’immobiliser des appareils en ligne, un scénario qui aurait rappelé les immobilisations de flotte consécutives aux deux accidents mortels de 737 MAX en 2018 et 2019.
Cette transparence revendiquée intervient dans un contexte où la perception de la sécurité du 737 MAX reste extrêmement sensible, après les critiques récurrentes sur la culture qualité de Boeing et plusieurs épisodes de non-conformités industrielles ces dernières années, notamment sur les 737 et les 787. Le nouveau directeur général, Kelly Ortberg, cherche à convaincre régulateurs, compagnies et investisseurs que les priorités de l’entreprise ont été réordonnées en faveur de la qualité et de la sécurité.
Des livraisons ralenties à court terme, mais un objectif annuel maintenu
En pratique, Boeing admet que ces travaux supplémentaires entraîneront des retards de livraison au premier trimestre pour certains 737 MAX. Le constructeur explique qu’il s’attend à « quelques retards de livraison à court terme » susceptibles de peser sur les livraisons du premier trimestre, tout en affirmant ne pas prévoir d’impact sur le total de livraisons visé pour la fin de l’année.
La cadence d’assemblage du 737 MAX, elle, est officiellement maintenue au niveau actuel d’environ 42 appareils par mois, avec l’objectif d’atteindre 47 exemplaires mensuels plus tard dans l’année et de monter à 63 avions par mois dans les prochaines années. Pour absorber cette montée en puissance, Boeing prévoit d’ouvrir une quatrième ligne d’assemblage de 737 dans son usine d’Everett, dans l’État de Washington, au cours de l’été.
Le plan de marche reste donc inchangé : environ 500 737 doivent être livrés sur l’ensemble de l’année 2026, selon les projections réaffirmées par l’avionneur. Les investisseurs, qui suivent de près ces indicateurs car la majeure partie des paiements intervient à la livraison, ont toutefois sanctionné le titre, en baisse d’environ 1% dans les échanges de mardi après l’annonce du défaut de câblage.
Un mois de février solide, porté par le 737 MAX
Malgré ce nouvel accroc, les chiffres de février illustrent la reprise relative du géant américain. Boeing a livré 51 avions au cours du mois, contre 46 en janvier, signant son meilleur mois de février depuis 2018 et dépassant nettement son rival européen Airbus, qui a remis 35 appareils à 21 clients. Sur ces 51 livraisons, 43 sont des 737 MAX, y compris un appareil remis à la compagnie chinoise Shenzhen Airlines, présenté comme le dernier d’un important lot de 737 nécessitant des modifications après les accidents de 2018 et 2019. Le reste du total se compose de huit gros-porteurs : trois 787 Dreamliner, deux 777 cargo et trois 767 (dont deux cargos et un exemplaire destiné à être converti en ravitailleur KC-46 pour l’US Air Force).
Boeing reste en deçà de sa cible de production du 787, fixée à huit appareils par mois, notamment en raison de retards persistants dans la fourniture de sièges de première et de classe affaires haut de gamme, un segment particulièrement touché par les tensions industrielles chez les équipementiers. Lufthansa a ainsi reçu un seul 787 en février, alors que 13 Dreamliner destinés à la compagnie allemande attendent toujours leur aménagement ou leur livraison, stockés sur différents sites de Boeing aux États-Unis, selon des données de suivi de vols.
La rivalité avec Airbus, entre livraisons et commandes
En février, Boeing a pris l’avantage sur Airbus en nombre de livraisons, mais l’européen conserve une dynamique solide sur le front des commandes, en particulier sur les monocouloirs A320neo et A321neo. Airbus a livré 33 monocouloirs (dont 11 A220-300 et 25 appareils de la famille A320neo) ainsi que deux A350, tout en enregistrant 28 nouvelles commandes, exclusivement pour la famille A320neo.
Boeing, de son côté, a engrangé 21 commandes brutes en février – sept 737 MAX, huit 787 et six 767 – mais a dû composer avec des annulations, notamment celle de six 737 MAX par la canadienne WestJet, ce qui ramène le solde net à 15 appareils. Parmi ces commandes figurent cinq 787-9 pour Air Astana et deux 787 supplémentaires pour WestJet, illustrant l’attrait persistant du Dreamliner sur le segment long-courrier malgré les aléas de production.
Depuis 2018, Airbus domine Boeing en termes de livraisons annuelles, une tendance que le groupe américain espère progressivement inverser à mesure que les problèmes de qualité sont résorbés et que les cadences de 737 et 787 montent en puissance. Airbus vise pour sa part 870 livraisons en 2026, après avoir livré 790 avions en 2025, mais reste confronté à des contraintes d’approvisionnement.

Retouche a commenté :
11 mars 2026 - 11 h 13 min
« Ça m’en (re)touche une sans faire bouger l’autre », comme aurait dit Jacques Chirac.
CHECK LAST a commenté :
11 mars 2026 - 11 h 20 min
Quand je vous disais qu on attendait avec impatience la nouvelle boulette de boing boing avec son avion gag conçu par des clowns…
L enclume quand y en a plus y en a encore !!…
Tilo a commenté :
11 mars 2026 - 12 h 12 min
Cet information me donne envi de chialé ! Les pro-Airbus vont encore ricané, mais en vrai Boeing ai comme même entrain de remontait la pante et les ricaneur anti-américains feront bientot moins les malin!
11 mars 2026 - 12 h 55 min
Ça fait mal aux neunoeils ton histoire
Délais a commenté :
11 mars 2026 - 12 h 26 min
Cela voudrait dire que Boeing va livrer environ 300 avions de moins que Airbus en 2026 ?
Si les chinois sont patients, ils auront leur 500 MAX dans combien d’années ? 10 ? 🤔