Boeing a signé un début d’année 2026 commercialement tonique, avec son meilleur volume de commandes sur les quatre premiers mois depuis 2014, mais reste derrière Airbus en cadence de livraisons. Le constructeur américain profite notamment d’importants contrats pour le 737 MAX, le 787 et le 777X, alors même que son redressement industriel reste sous forte surveillance.
Un carnet de commandes au plus haut depuis 2014
Entre le 1er janvier et le 30 avril 2026, Boeing a enregistré 284 nouvelles commandes nettes, après annulations et conversions, soit le plus haut niveau pour cette période depuis 2014 selon les données publiées par le groupe. Sur le seul mois d’avril, le constructeur a quasiment doublé son score du premier trimestre, avec 135 à 136 commandes nettes supplémentaires, illustrant un net regain d’appétit des compagnies pour ses monocouloirs et long-courriers.
Boeing termine le mois d’avril avec un carnet de 6 216 appareils. « La demande reste robuste sur tous les segments, en particulier pour les monocouloirs et les gros-porteurs économes en carburant », souligne un responsable des ventes de Boeing cité par la presse spécialisée, illustrant l’ancrage de la reprise du trafic aérien mondial.
737 MAX et Dreamliner en première ligne
Le détail des prises de commandes d’avril met en lumière le rôle central du 737 MAX et de la famille 787 dans la stratégie commerciale de Boeing. Selon les chiffres communiqués à la SEC, le mois a compté 57 commandes de 737 MAX et 51 de 787, largement issues de clients non identifiés, auxquels s’ajoutent 28 777X, là encore attribués à des acheteurs non dévoilés publiquement.
Parmi les contrats rendus publics figure un accord majeur avec Biman Bangladesh Airlines, qui a passé commande de 14 appareils : huit 787‑10, deux 787‑9 et quatre 737‑8 MAX. Boeing qualifie cette transaction de plus grosse commande de l’histoire de la compagnie nationale bangladaise, lui permettant d’exploiter pour la première fois le plus grand des Dreamliner et de couvrir à terme l’ensemble de la famille 787.
D’autres compagnies comme la compagnie israélienne El Al ainsi qu’Ethiopian Airlines ont également figuré dans le tableau des commandes d’avril, confirmant l’attrait des transporteurs historiques pour les gros-porteurs Boeing sur les marchés moyen‑oriental, africain et transcontinental. Ces choix traduisent aussi une gestion fine des flottes : les 787‑9 et 787‑10 complètent ou remplacent souvent des 777-200/300 plus âgés, avec un meilleur rendement par siège et une flexibilité accrue sur les marchés long-courriers en croissance.
Livraisons : Boeing toujours à la traîne d’Airbus
Sur le terrain industriel, la photographie est moins favorable au constructeur américain. En avril, Boeing a livré 47 avions de ligne, soit un appareil de plus qu’en mars et deux de plus qu’en avril 2025, mais toujours loin de la cadence de son rival européen. Le mois dernier, Airbus a en effet remis 67 avions à 39 clients, portant ses livraisons cumulées de janvier à avril à 181 appareils, contre un volume nettement inférieur pour Boeing, qui ne communique pas encore de chiffre consolidé équivalent.
Les 47 livraisons d’avril chez Boeing incluaient 34 737 MAX et six 787, les autres appareils étant constitués de modèles plus confidentiels ou d’avions cargo, confirmant la reprise graduelle mais encore contrainte du flux de Dreamliner sortant des chaînes. Les retards de certification de certains sièges premium continuent de freiner le rythme des livraisons de 787, a reconnu le directeur financier Jay Malave lors de la présentation des résultats trimestriels, même si le groupe maintient son objectif de 90 à 100 787 livrés sur l’ensemble de l’année.
Pour le grand rival Airbus, la montée en cadence reste également un défi : le groupe a enregistré 28 commandes brutes en avril et 405 commandes nettes depuis le début de l’année, mais devra livrer plus de 85 avions par mois en moyenne pour atteindre son objectif d’environ 870 appareils en 2026.
777X : un programme symbolique entre commandes et vols d’essai
Au-delà des chiffres de commandes, le mois d’avril et le début mai ont été marqués par une étape symbolique pour le programme 777X. Boeing a enregistré 28 commandes de 777X en avril, issues de clients non identifiés, preuve que le long-courrier nouvelle génération conserve un certain attrait malgré son long retard de développement. Parallèlement, le premier 777‑9 de série configuré pour Lufthansa a effectué son vol inaugural le 7 mai 2026 au départ de Paine Field, près d’Everett, ouvrant une nouvelle phase de vols d’essai pour un appareil client, et non plus seulement pour les prototypes d’essais.
Selon les données de suivi de vol, l’avion a décollé en début de soirée pour un vol d’environ trois heures au-dessus de l’État de Washington et de l’Oregon, atteignant environ 39 000 pieds avant de revenir se poser sur sa base. Lufthansa a commandé 20 777‑9 pour ses opérations passagers, ainsi que plusieurs 777‑8 en version cargo, et reste le client de lancement le plus emblématique du programme.
Boeing indique continuer à travailler avec les autorités pour la certification du 777X, un jalon déterminant pour l’entrée en service commerciale de l’appareil et pour sa contribution future aux résultats du groupe.
Un duel Boeing–Airbus toujours asymétrique
Sur le plan commercial, le début 2026 montre que Boeing n’a pas perdu sa capacité à signer de gros contrats, notamment sur les marchés émergents et auprès de clients de longue date en Asie et au Moyen‑Orient. Les 284 commandes nettes des quatre premiers mois, dopées par les 135–136 d’avril, marquent une forme de retour au premier plan, après des années dominées par Airbus sur les prises de commandes et livraisons.
Mais le duel reste asymétrique : Airbus conserve une nette avance en nombre de livraisons et en part de marché sur le segment des monocouloirs, grâce à la famille A320neo, alors que Boeing doit continuer à composer avec l’héritage des crises du 737 MAX et des problèmes de qualité mis au jour ces derniers mois. La montée en puissance commerciale du 787 et la perspective d’un 777X enfin certifié sont néanmoins essentielles pour rééquilibrer le rapport de forces sur le long‑courrier, où les A350 et A330neo d’Airbus occupent un terrain bien établi.

MoMoDeRabat a commenté :
13 mai 2026 - 9 h 40 min
Quel plaisir de voir Boeing signer son meilleur début d’année depuis 2014 ! Avec 135 commandes en avril contre seulement 28 pour Airbus, j’invite les fans d’Airbus à se réjouir avec moi devant une telle performance!!!
Le 787 et le 777X font un carton, et le premier vol du 777-9 de Lufthansa montre que la machine est bien relancée. Je sais que ça doit vous faire chaud au cœur de voir que le ciel ne sera pas uniquement rempli d’Airbus ces prochaines années !
Bon, Airbus livre toujours plus (67 contre 47 en avril), mais à ce rythme de commandes, le match devient vraiment passionnant, vous ne trouvez pas ?😉😉😉