Boeing a publié au deuxième trimestre 2026 une perte plus lourde que prévu, plombée par une charge de 280 millions de dollars liée au programme du futur Air Force One, mais le groupe a aussi surpris positivement par son chiffre d’affaires, son flux de trésorerie disponible et un carnet de commandes record.
Le constructeur américain continue de progresser sur ses livraisons commerciales et sur la remise en ordre de ses opérations, même si les grands programmes de certification restent sous surveillance.
Air Force One, principal point noir
La charge de 280 millions de dollars enregistrée sur le programme VC-25B, destiné à remplacer les deux avions présidentiels américains, a pesé directement sur le résultat trimestriel. Boeing explique que cette provision reflète surtout la hausse des coûts d’ingénierie et des ressources de production nécessaires pour tenir l’objectif de livraison en 2028.
Ce dossier reste l’un des plus sensibles du portefeuille défense de Boeing. Le contrat initial, signé en 2018 sur une base à prix ferme de 3,9 milliards de dollars, a déjà dérivé de plusieurs milliards selon les estimations, et le programme accuse désormais plusieurs années de retard. Reuters rappelle que Boeing continue toutefois d’annoncer une première livraison en 2028.
Des revenus au-dessus du consensus, trésorerie et carnet de commandes
Sur le plan commercial, Boeing a publié un chiffre d’affaires de 24,56 milliards de dollars, en hausse de 8% sur un an, au-dessus du consensus de marché cité par les médias financiers. Le groupe a également livré 171 avions commerciaux sur le trimestre, contre 150 un an plus tôt, ce qui traduit la montée en cadence progressive du 737 MAX et la reprise de l’activité industrielle. Le résultat opérationnel ressort à 156 millions de dollars, contre une perte opérationnelle un an plus tôt, tandis que la marge opérationnelle atteint 0,6%.
Le point le plus encourageant du trimestre reste le flux de trésorerie disponible, positif à 631 millions de dollars, alors qu’il était négatif un an plus tôt. Boeing insiste aussi sur un carnet de commandes record de 715,3 milliards de dollars, dont plus de 6 200 avions commerciaux, un niveau qui confirme la profondeur de la demande mondiale malgré les tensions industrielles.
Dans son communiqué, Kelly Ortberg a salué les progrès opérationnels du groupe : « Je suis très satisfait des progrès réalisés par nos équipes dans l’exécution de notre plan. Nos opérations sont plus stables et les principaux programmes de certification restent dans les temps ». Le dirigeant ajoute que la priorité demeure « la sécurité, la qualité et la ponctualité ».
Programmes de certification sous surveillance
Au-delà d’Air Force One, le marché scrutera surtout les avancées du 737 MAX 7, du MAX 10 et du 777X. Boeing indique que les essais de certification des 737 MAX 7 et MAX 10 sont achevés et que l’avionneur continue de viser une certification en 2026 et une première livraison en 2027 pour ces deux variantes.
Pour le 777X, Boeing précise avoir obtenu l’aval de la FAA pour lancer une nouvelle phase d’essais de certification, tout en visant toujours une première livraison en 2027. De son côté, la FAA a récemment indiqué s’attendre à certifier « bientôt » les 737 MAX 7 et 10, et considère le MAX 7 « littéralement au coin de la rue ».
Lecture du trimestre
Ce trimestre illustre bien le double visage de Boeing en 2026. D’un côté, le groupe continue d’absorber les coûts de ses programmes les plus complexes, en particulier le futur avion présidentiel américain. De l’autre, la production commerciale remonte, les livraisons progressent et la génération de trésorerie redevient positive, ce qui nourrit l’idée d’un redressement encore fragile mais tangible.

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